Et ce sera certainement un projet extrêmement difficile… dont on n’imagine pas encore très bien le budget.
Paris est une super grande ville universitaire, mais cela ne se voit plus beaucoup, voire pas du tout, tant ses sites d’enseignement supérieur sont éparpillés…
Pourtant la capitale aligne quelque 8 universités, 300 établissements d’enseignement supérieur, 300 000 étudiants, et 16 000 chercheurs. Chercher l’erreur !
Les étudiants ont vraiment de nos jours très peu de lieux à eux, si l’on excepte les restos U et les bibliothèques. Et dans la crise, ils tentent de surnager. Misère, misère…
Est-ce le début des grandes manœuvres du Grand Paris et celles du plateau de Saclay qui furent les déclencheurs ? Et peut-être même Valérie Pécresse, chef de l’opposition municipale, bien involontairement, la mouche du coche de cette nouvelle détermination ? Le campus de Saclay est annoncé comme très richement doté par l’État...
Toujours est-il qu’aujourd’hui la mairie de Paris veut faire davantage vivre (et le rendre bien plus visible) ce campus un peu particulier qui se dilue si bien et si discrètement dans la ville.
Un urbaniste devrait proposer bientôt des aménagements, comme par exemple créer des espaces publics multiservices pour les étudiants devant la fac de Jussieu, ou sur les berges de la Seine, ou encore inscrire sur le sol des facs les noms des savants.
Souhaitons d’ailleurs qu’il ne s’arrête pas à de telles idées... Je vois déjà avec effroi surgir le triste visage de Baudelaire qui plombe si méchamment la façade d’un immeuble et tout un quartier à Grigny. Nous avons vu récemment passer tant de concertations publiques sur tant de sujets... Peut-être ici serait-il bon de lancer bien loin et profond le filet à idées, notamment bien entendu en milieu étudiant, avant de mettre ainsi un "spécialiste" sur l’affaire. Car attention ! Jeunesse fragile...
Et vous-même en auriez-vous déjà des idées sur la question ? Qu’attendriez-vous d’un campus aujourd’hui ? Le Sénat acceptera-t-il de se séparer d’une partie du parc du Luxembourg ? Et Paris d’une partie de ses berges ?
« Nous avons une vision radicalement différente du gouvernement qui veut faire des campus à l’américaine, loin des villes », a expliqué le 28 février Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, souvent présentée comme la dauphine de Bertrand Delanoë.
Qu’il y ait deux visions, ou davantage, il faut le souhaiter. Mais nous remarquons une fois de plus que les projets ne naissent, et parfois les nécessités n’apparaissent, que lorsqu’un climat d’émulation leur donne cette chance…
André Balbo
sources : Libération, Ville de Paris

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