Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, le Credoc, a publié le 30 août une étude intitulée « Environnement : des bonnes intentions aux bonnes pratiques », selon laquelle « la sensibilité environnementale s’est largement diffusée dans la société française au cours des 20 dernières années ».
Par exemple, en ce qui concerne l’eau « 66% des Français font aujourd’hui attention à fermer le robinet pour éviter le gaspillage inutile ; ils n’étaient qu’une courte majorité, il y a 15 ans ». En 1995, le geste était surtout motivé par la volonté de faire des économies, alors que de nos jours « c’est le désir de préserver une ressource naturelle qui prime ». Il est vrai que les enfants sont aussi largement sensibilisés à cet aspect des choses dans le milieu scolaire. Fermer le robinet serait ainsi devenu une « norme sociale ». Comme privilégier la douche au bain, ou se brosser les dents en évitant de laisser couler l’eau.
Cette prise de conscience concerne 57% des 18-25 ans, et si cette proportion reste encore inférieure à la moyenne de 66% de l’ensemble de la population, elle a gagné 22 points depuis 1995.
Les effets de ce changement d’attitude sont mesurables puisque, entre 1995 et 2010, les volumes d’eau prélevés par les particuliers ont baissé de 3%, alors que la population a crû de 7%.
Cette préoccupation a même gagné l’exécutif, puisque la ministre de l’Écologie envisage de réformer les réseaux de canalisation d’eau par lesquels la déperdition du précieux liquide, compte tenu de leur ancienneté et de leur état souvent défectueux, atteint des proportions inquiétantes pour certaines agglomérations (jusqu’à 70%).
Un des autres exemples de cette sensibilité accrue à l’environnement cités par le Credoc est l’automobile. « Seuls 59% des 18-24 ans disposent aujourd’hui d’une voiture, contre 74% il y a 20 ans ». Les nouvelles générations en sont de moins en moins fans, et le véhicule est laissé de plus en plus souvent au garage. « Une étude de l’INSEE montre qu’une amélioration du maillage territorial et une diminution des prix des transports en commun constitueraient le premier levier de l’abandon de la voiture ». Or « 87% des Français disposent aujourd’hui d’au moins un accès de transport en commun à moins de 10mn de chez eux, contre 78% il y a 10 ans ».
Si l’exemple des économies d’eau est assez parlant et convaincant, il n’en est pas de même pour celui de l’automobile pour lequel des motifs économiques doivent entrer en jeu assez fortement (paupérisation plus marquée de cette tranche d’âges, renchérissement des carburants), ou également le simple fait que la population, devenue plus urbaine, soit davantage incitée à utiliser les transports en commun.
Une autre modification est relevée par l’ADEME qui note que 63% des Français cherchent à prolonger la durée de vie de leurs appareils électroménagers en les faisant réparer plutôt que d’en changer (contre 52% en 2005), et que, par ailleurs, l’achat et la vente d’occasion se développent, et tri et recyclage s’installent doucement dans les habitudes. « Les ordures ménagères imputables aux ménages, qui ne cessaient de progresser depuis les années 1960, sont en légère baisse depuis 2003, passant de 359kg par personne en 2002 à 354 en 2006 ».
Enfin, selon le Credoc, c’est le bio qui bénéficierait le plus du changement des comportements des Français, sa consommation ayant très fortement augmenté ces dernières années. Il n’est plus réservé à une minorité aisée et très engagée ; il se démocratiserait, pour la protection de l’environnement certes, mais la motivation serait aussi affaire de goût et de santé.
André Balbo
sources : Credoc, ADEME, INSEE, Sequovia, Libération, Le Parisien

envoyer par mail
Imprimer la page