Qu’il est difficile de se faire une opinion personnelle et documentée sur la grippe H1N1. De raison gardée et de rester sur un strict plan de santé publique, de prévention familiale et personnelle.
Cet été, l’éminent professeur Gentilini, ex-président de la Croix-Rouge française, ancien Chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de La Pitié–Salpétrière, reconnu et respecté dans ses jugements par ses pairs, jetait un pavé très remarqué dans la mare en déclarant que l’on assistait avec la grippe H1N1 à une « pandémie de l’indécence ».
S’il convenait qu’une préparation à la survenue de cette maladie était nécessaire, il jugeait bien excessives les mesures prises et les discours prononcés, alors même que les experts étaient moins alarmistes que nos gouvernants.
Il évoquait frontalement une sur-communication ministérielle, jugeant que les pouvoirs publics en France, certainement marqués selon lui par les procès successifs du sang contaminé et de l’hormone de croissance, avaient tendance, sous couvert du principe de précaution, à ouvrir des parapluies largement surdimensionnés.
L’indécence suprême reposait avant tout sur le fait que l’argent dépensé là ne le serait pas ailleurs… dans des ailleurs où perdurent pourtant de manière endémique des maladies autrement meurtrières.
Quelques semaines plus tard, où en sommes-nous ? A l’Ouest, il y a du nouveau ! Aux Etats-Unis, dans un contexte où le président se doit de faire progresser au plus vite son projet de loi sur la santé, Barack Obama déclare l’état d’urgence sanitaire le samedi 24 octobre. Plus d’un millier de morts sur le territoire depuis le printemps ! 20 000 hospitalisations ! Et la crainte de voir les centres de santé submergés par une brutale accélération de la pandémie. Pour compléter le tableau, les livraisons de vaccins ne seraient pas assez rapides selon les autorités en charge du dossier.
Situation assez semblable au Canada où la relative pénurie pourrait déboucher sur des emportements, les gens changeant d’avis et se ralliant dans un bel ensemble à l’idée d’une vaccination indispensable, eux qui la jugeaient jusqu’alors superflue.
J’ai donc recherché un organe de presse français au-dessus de tout soupçon et réputé pour son sérieux afin de forger mon opinion sur la réelle gravité de ce problème en France. Comment s’y préparent nos professionnels de la santé ? Et je fus comblé de lire dans Le Canard Enchaîné l’article très documenté d’Isabelle Barré et Brigitte Rossigneux « Les soignants ont pris Bachelot en grippe ».
Dans cet article, on y découvre que sur 100 000 salariés de l’Assistance publique, seuls 500 s’étaient faits vacciner au 23 octobre, soit trois jours après le lancement de l’opération. Selon le professeur Brun-Buisson, chargé de la coordination de la lutte contre les maladies nosocomiales : « Les informations disponibles semblent indiquer que le degré d’acceptation du personnel non médical, mais aussi des médecins, est totalement affligeant. »
L’article du Canard cite également un biologiste de labo : « Les autorités expliquaient voilà 3 mois, qu’il faudrait 2 injections puis, en septembre, qu’une seule suffirait, puis sur avis de l’Agence européenne, depuis vendredi, qu’il en faudrait finalement deux, mais pas forcément pour toutes les catégories. Les gens se méfient ! »
De toute façon elle arrive. « Le taux de prélèvements positifs est beaucoup plus élevé que les semaines précédentes » (InVS). Ne nous énervons pas. Commençons tout simplement par respecter les consignes d’hygiène :
se laver les mains le plus souvent possible (savon ou solution hydro-alcoolique)
se couvrir bouche et nez en cas d’éternuement
utiliser des mouchoirs jetables
puis rester au moins à un mètre de vos interlocuteurs, éviter les lieux de forte densité de population, etc, etc, etc.
À l’heure où je vous écris, le virus aurait causé (n’aurait causé que ?) 44 décès en France depuis le début de l’épidémie (17 en Métropole, 1 en Guyane, 1 en Martinique, 1 en Guadeloupe, 6 à la Réunion, 2 à Mayotte, 9 en Nouvelle-Calédonie et 7 en Polynésie française).
Le nombre de consultations pour la grippe A, dans la semaine du 19 au 25 octobre, a été estimé, selon l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), à 167 000.
Alors maintenant ? Que nous reste-t-il de toutes ces informations déversées ? Que savons-nous avec certitude ? Que les jeunes adultes et les enfants sont prioritaires ? Que les personnes âgées en bonne santé ne risquent pas grand-chose ?
Quel est aujourd’hui dans la population l’ordre des priorités ? S’il faut le faire quand doit-on se faire vacciner ? Comment prendre la bonne décision, après le tohu-bohu de l’alarmisme gouvernemental et de la précipitation des labos, forcément un peu goinfres ?
Vous voulez vous tenir informé de sa progression ? Lire un bulletin épidémiologique hebdomadaire ? Le site de l’Institut de Veille Sanitaire est www.invs.sante.fr/.
Vous souhaitez des précisions spécifiquement sur le dispositif en Ile-de-France, les adresses de centres de vaccination et la hiérarchie des populations prioritaires : http://www.idf.pref.gouv.fr.
Aujourd’hui, pensez-vous vous faire vacciner contre la Grippe A ?
Qu’est-ce qui a motivé, motive ou pourrait motiver votre décision ?
A bientôt,
andre.balbo2@orange.fr

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