L’Observatoire du bruit en Ile-de-France vient de publier un rapport dans lequel il préconise de limiter la vitesse la nuit sur le périphérique, en la faisant passer de ses 80km/h actuels, à un petit 50km/h. L’idée paraît simplissime, mais elle présenterait le grand avantage de faire baisser la pollution sonore aux alentours du boulevard circulaire.
L’enquête de Bruitparif’ a pu ainsi constater au cours de son enquête que les bâtiments situés à moins de 150m du périph, qu’ils soient du côté parisien ou du côté banlieue, voyaient ainsi leurs 41 000 riverains exposés à des niveaux sonores dépassant les limites acceptables le jour, et encore 37 000 la nuit.
Parmi eux, les 5 000 les plus malchanceux subiraient même des niveaux excédant les normes de plus de 10 décibels (dB) « soit des niveaux de bruit perçus par l’oreille humaine comme 2 fois plus fort ».
Pour Denis Baupin, adjoint écolo du maire de Paris en charge du développement durable : « Ces résultats montrent concrètement que, chaque jour, des dizaines de milliers de personnes souffrent des nuisances sonores créées par le périphérique. Ils vont nous être utiles pour l’élaboration du plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE). »
Comment améliorer la situation ? La préfecture de police est seule décisionnaire sur le Code de la route. En mars 2011, le Conseil de Paris votait un vœu lui demandant de procéder à une étude sur la limitation de la vitesse sur le périph la nuit. Selon Bruitparif’ : « l’abaissement (…) de 80 à 50km/h (…) pourrait se traduire par une baisse d’environ 3dB des niveaux sonores nocturnes. Une telle mesure pourrait diminuer de 26% environ le nombre de personnes » qui doivent dormir avec des boules Quiès à cause des voitures.
D’autres solutions pourraient apporter de bons résultats, comme la pose d’un revêtement anti-bruit, ou l’installation de murs acoustiques (et non pas zakouskistes !). Mais elles seraient plus complexes et coûteuses à mettre en œuvre.
Parmi les autres pistes :
la diminution du nombre des poids lourds ;
la chasse aux 2RM les plus bruyants.
Pour Denis Baupin, la limitation de vitesse constitue cependant « la mesure la plus automatique : il suffit de prendre un arrêté et de changer les panneaux. Elle est par ailleurs très facilement réversible ».
Le sujet commençait si bien et nous voilà soudain confrontés à deux erreurs magistrales. La 1re consiste, lorsqu’on envisage un changement de cette nature et que l’on réfléchit en termes de développement durable, à ne pas rester sur des informations incomplètes. Ok pour la baisse de décibels, mais quid de la baisse des polluants et de la baisse des gaz à effets de serre ? Arrêtons d’être si tronqués, étriqués et parcellaires sur de tels sujets !
La seconde est que, si l’on est suffisamment convaincus du bien-fondé d’une telle mesure pour l’imposer, pour le bien de tous, pourquoi rester ambivalents au point de dire que cette mesure est par ailleurs « très facilement réversible » ?
André Balbo
sources : Bruitparif’, Ville de Paris, L’Observatoire du bruit en Ile-de-France, Le Parisien

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