C’est plus fort que lui, il ne peut pas s’empêcher de nous raconter une histoire. Piers Faccini nous raconte le monde, avec la lucidité d’un homme qui a trop écouté le blues de Skip James pour nier qu’il serait vain de tenter de fuir un plancher qui nous sert de croûte terrestre. Piers nous chante un monde sauvage mais présent, sans un brin de nostalgie. Les racines sont profondes mais les branches ne cessent de pousser.
Voicie 4e chapitre d’un dialogue entamé il y a sept ans. Entre Leave No Trace, premier album intime d’un artiste peintre tout à son bonheur un peu miraculeux de chanter en famille et My Wilderness, œuvre totalement produite et conçue par un chanteur-auteur-compositeur en pleine possession de ses idées, tout a changé : les beaux studios (Ferber,Los Angeles), les producteurs avertis (JP Plunier, Renaud Létang), les tournées à travers le monde, un succès suffisant pour vivre de la musique.
Et bien sûr, rien n’a changé : Pour Piers, enregistrer ses chansons consiste toujours à s’entourer d’amis à qui il peut parler d’une musique qu’il entend avec insistance, des complices qui se mettent au service d’un phantasme partagé. La musique de Piers Faccini ne passe jamais en force. Elle suggère, frôle, évoque sans insister. Le monde de Piers Faccini est cruel et charnel, rythmé par des tambours et adouci par des cordes et du crin. Un monde sauvage.
Sortie le 26 septembre 2011.

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