À l’occasion d’une rencontre organisée par la Tribune entre certains de ses lecteurs et le président de la Région, Jean-Paul Huchon a déclaré :
« Le Grand Paris, c’est un projet de métro qui passe dans des zones non urbanisées, qui est entièrement souterrain, et qui ne desservira que les pôles d’excellence, excellence pour l’économie mais désastreux pour le voyageur transporté, puisque c’est du travail-travail et non domicile-travail. Or, les entreprises veulent que les salariés soient le moins loin possible de leur lieu de travail. Donc je suis contre le projet de loi Grand Paris tel qu’il est, parce que ce sont 35 milliards d’euros qui vont être utilisés sur un moyen de transport qui n’a pas d’intérêt pour les Franciliens aujourd’hui, ni même demain et je dirai même après-demain puisque tout cela se fera en 2035.
Par ailleurs, c’est autoritaire, c’est napoléonien. On crée une nouvelle administration, celle du Grand Paris, alors que le Stif existe déjà. Donc on va avoir deux réseaux, l’un géré par l’Etat, l’autre par la région. Sur les deux réseaux, on n’aura pas la même tarification. Il faudra changer de ticket. Tout cela ne tient pas debout.
Nous allons nous battre. J’attends le vote au Sénat, le 7 mai. Avant ce jour, il y a le 21 mars, jour des résultats des élections régionales. Croyez-vous vraiment que, par rapport au refus manifesté par la région, si jamais je suis confirmé avec une majorité plus forte, on va pouvoir nous traiter comme si nous n’existions pas ? Je ne le pense pas.
Par ailleurs, où l’Etat va-t-il trouver de l’argent pour faire cela ? Christian Blanc nous parle de partenariat public-privé (PPP), mais savez-vous comment fonctionne un PPP ? C’est l’entreprise qui fait l’avance des fonds et qui construit. Le problème, c’est que pour emprunter, l’entreprise s’appuie sur une notation financière. Et aucune entreprise n’a la notation financière de la région. Aucune. J’ai une notation AAA. Il n’y a pas une entreprise, dans la situation de crise, même parmi les plus grandes, qui ait une telle notation. Résultat : cela coûte beaucoup plus cher d’emprunter et, après, on ferait payer cela aux contribuables.
Mais, c’est quelque chose d’aberrant ! »
André Balbo
Source : La Tribune
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