Deminor est un cabinet de conseil actionnarial, autrement dit de protection de petits actionnaires. Dans l’affaire qui oppose depuis peu LVMH à Hermès, il paraît avoir pris position en faveur d’Hermès en adressant le 8 décembre une lettre ouverte à la direction de LVMH demandant d’apporter des précisions sur « le processus décisionnel » qui avait précédé son irruption le 24 octobre 2010 au capital d’Hermès, investissant la bagatelle de 1,45Md€ dans cette entreprise. « À quelle date le conseil d’administration de LVMH a-t-il autorisé une telle décision ? »
En effet, « entre le 1er septembre et le 25 octobre 2010, près de 39 millions de titres LVMH ont été échangés (…). Les actionnaires qui ont cédé leurs titres durant cette période ne l’auraient probablement pas fait s’ils avaient eu connaissance du fait que LVMH disposait d’une plus-value potentielle de 2Mds€ correspondant au dénouement en actions de ses « equity swap » Hermès ».
En effet, le groupe de Bernard Arnault a acquis ses titres au prix moyen de 80,5€, alors que l’action Hermès cotait à 176,20€ en clôture vendredi 22 octobre, à la veille du communiqué de LVMH révélant sa prise de participation.
Les dirigeants du groupe de luxe répondirent par la plume du vice-président, Pierre Godé, ce dernier insinuant que Deminor aurait reçu « mission de mener une campagne à l’encontre de LVMH et de ses dirigeants ».
Pas de réponse, donc, sur le fond « à des interrogations sans fondement dont l’objectif n’est que trop évident ».
Pour le cabinet Deminor, de tels propos seraient « fantaisites et fallacieux ». Son directeur général, Fabrice Rémon, a précisé qu’il demanderait prochainement à l’Autorité de contrôle prudentielle (ACP) d’examiner le rôle joué par les banques de LVMH dans le montage financier qui lui a permis de boucler son opération.
André Balbo
sources : NouvelObs, Libération, Le Figaro

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