Savez-vous qu’il y en a 12 à New York, pour 1 000 habitants ? Qu’il y en a 9 à Londres ? Et seulement 3 à Paris. Quelle injustice !
Leur nombre dans la capitale avoisinerait les 17 000 véhicules. Et ce nombre augmenterait très doucettement d’année en année. Pianissimo ! De l’ordre de 200 voitures supplémentaires.
Quel intérêt y aurait-il à ce qu’il y en ait davantage ?
Pour le client potentiel, il y en aurait beaucoup.
Quand il chercherait un taxi, il en trouverait un plus vite et plus facilement.
Rassuré sur ce premier point, il y ferait plus souvent appel.
Il pourrait prendre moins fréquemment sa voiture, s’il en a une. Gain environnemental !
Il se déplacerait plus rapidement (couloirs et voies privilégiées).
En termes d’emploi, il y aurait une incidence importante :
51 000 emplois supplémentaires sur Paris, si l’on se mettait au niveau de Londres,
68 000 si l’on rejoignait New York.
Et l’on double ces chiffres bien sûr si l’on décide de deux chauffeurs par véhicule.
Alors où serait le frein ? Pourquoi y a-t-il si peu de taxis à Paris ? Et depuis si longtemps. Il y a de grandes chances pour que le frein soit dû à la limitation malthusienne du nombre de licences, maintenue basse afin de ne pas heurter une profession jugée politiquement « sensible » (un peu comme les restaurateurs et les médecins, autres "meneurs" d’opinions), et dont le syndicalisme est particulièrement défensif, et les grèves rapidement organisées.
Et pourquoi ne pas en augmenter le nombre, solution maintes fois évoquée, comme dans le rapport Rueff-Armand dès 1960, ou encore dans celui qu’avait établi Jacques Attali en 2008, à la demande de Nicolas Sarkozy ?
Cela paraît tellement simple ! Tout simplement parce que moins il y a de licences, plus leur valeur individuelle augmente. La licence ne serait-elle pas pour les chauffeurs de taxis, ce que le bail est au commerçant ? Une forme d’épargne pour sa retraite. Une garantie. Mais son montant, maintenant très haut, peut facilement décourager aujourd’hui les nouveaux venus tentant d’intégrer cette profession.
Parvenir à multiplier le nombre de licences de taxis serait certainement le bon chemin, encore faudrait-il pour cela que soit respectée dans la négociation une corporation au métier difficile, et savoir transformer cette licence sans en briser ni la nécessité économique, ni la fonction sociale. La quadrature du cercle, au moment où Autolib’ se met en place.
André Balbo
sources : Le Parisien, Les Échos

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