C’est ce que tente, sans beaucoup de conviction, le PS, qui a estimé le 21 septembre que l’éventuel rachat du « Parisien » au groupe Amaury par le propriétaire du « Figaro » et sénateur UMP de l’Essonne », Serge Dassault, constituerait « une grave menace pour le pluralisme de l’information » en France.
« Deux grands quotidiens nationaux d’information se trouveraient alors dans les mains d’un seul homme, Serge Dassault, qui incarne parfaitement le mélange des genres qu’affectionne le pouvoir actuel : à la fois patron de presse, patron d’un grand groupe industriel qui vit des commandes de l’État, et élu de l’UMP », écrit dans un communiqué le secrétaire national en charge des médias, Patrick Bloche.
Pour le PS, Dassault a édifié « un empire de presse dont dispose de fait la majorité présidentielle. »
Le PS n’évoque pas encore par contre les deux autres acheteurs éventuels du Parisien. Vincent Bolloré, pour être plus fin, plus financier et moins brutal, n’en est pas moins également un éminent sarkozyste. Et quant au fonds qui ne joue évidemment pas dans un domaine suffisamment rentable pour lui-même, il est plus qu’évident qu’il avance pour un acquéreur qui tient plus que tout à rester anonyme. Par soucis d’économie ou pour cacher quelque chose ?
Parmi ces 3-là, la seule variable sera, par ordre décroissant, le prix d’acquisition. Certainement pas l’usage qui en sera fait en 2012… Le « Parisien » est attendu apparemment de façon impérieuse par Nicolas !
Alors bien sûr, Le Canard Enchaîné persifle. « Le Parisien », c’est à peine 3 Rafale, sans la clim’. Le Parisien est à vendre 200M€ ? L’État sarkozyste, on vient de l’apprendre, va débourser 800M pour acheter 11 Rafale.
Notre grand ministre de la Communication, Frédéric Mitterrand, veut nous faire croire qu’il n’y voit pas malice. Ne dit-il pas que ce rachat « n’est pas un sujet politique ». Alors que le président lui-même avait répondu à ceux qui s’étaient étonnés de ses gesticulations lors du rachat du Monde : « Vous n’y comprenez rien ! Le journal qui m’intéresse c’est le Parisien ».
André Balbo
Sources : Les Échos, Le Canard Enchaîné

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