Deuxième lecture du projet de loi du Grand Paris au Sénat.
L’infrastructure du supermétro serait évaluée à 21,4 milliards d’euros et pas plus (tant d’affirmation finit par instiller un léger doute…) dit-on au secrétariat d’État à la région capitale.
La SGP (Société du Grand Paris) qui devrait diriger les opérations, recevrait une dotation de l’État pour démarrer, un pécule trouvé, après les banques pour le grand emprunt, dans le remboursement des 6,5 milliards consentis par l’État aux constructeurs automobiles (Renault, PSA, Renault Trucks) l’an dernier : 4 milliards de ces créances seraient cédés à la SGP a déclaré hier devant les sénateurs Christian Blanc.
« Dès mars 2011 » la SGP percevra les intérêts de cette dette « soit 260M€/an », et en mars 2014, la SGP encaissera 4 milliards de remboursement. Pour le reste la société empruntera sur les marchés pour une durée totale de 40 années, avec des prêts successifs, « car on ne peut pas s’endetter sur 40 ans d’un coup » est-il expliqué au secrétariat d’État.
La SGP bénéficiera aussi de recettes, et en particulier d’une innovation fiscale : la taxation des plus values foncières dégagées par l’arrivée du métro automatique là où il passera. Quelle somme pourrait-on en espérer ? « J’ai entendu des chiffres très différents, mais c’est substantiel » a répondu Christian Blanc.
Et pour tenter de s’attirer les bonnes grâces de l’irascible région Ile-de-France, la même taxe sera applicable à ses nouveaux projets de transport… « Voilà la main tendue ! » souligne Christian Blanc, qui n’a pas précisé comment il fallait l’entendre… « Grâce à notre projet, la région va économiser au moins 6 milliards d’euros en ne finançant pas Arc Express. » a-t-il ajouté.
Pour Jean-Luc Laurent, maire (MRC) du Kremlin-Bicêtre, qui vient d’être désigné Monsieur Grand Paris par Jean-Paul Huchon, il n’y a aucune avancée majeure dans ce texte qui fait tout pour mettre hors jeu le conseil régional. « Le seul signe que nous attendons, c’est le retrait de ce projet de loi scandaleux, pour entamer de vraies discussions avec les élus locaux légitimés par le vote des électeurs. »
André Balbo
Sources : Libération, Le Parisien, Les Échos

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