Les banlieues étaient au cœur de la campagne présidentielle 2007. L’affaire du Kärcher, datant des émeutes de 2005, avait notamment cristallisé les débats. Mardi 21 février, le collectif AClefeu, créé justement en 2005, a décidé de s’inviter à nouveau dans le débat politique en installant un "ministère de la crise des banlieues" dans un hôtel particulier du Marais. Une bannière portant cette inscription flotte en effet sur la façade du 26 rue Geoffroy-Lasnier.
L’association AClefeu, née à Clichy-sous-bois, estime que la question des quartiers "difficiles ou populaires" n’est pas assez présente dans la campagne présidentielle. "On n’est pas venu faire du forcing", affirme aux Inrocks le président d’AClefeu, Mohamed Mechmache. Il s’explique : "C’est une action avant tout symbolique. Les politiques ont du mal à venir en banlieue, on veut leur faciliter la démarche." Un constat par ailleurs partagé par le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, qui a confié à l’AFP : "La question des banlieues est absente des programmes, des intentions des candidats et des débats médiatiques."
François Hollande a été le premier candidat à se rendre sur les lieux, ce matin, mercredi 22 février. Il a notamment affirmé : "Aucun territoire ne doit être délaissé, aucun citoyen ne doit être abandonné. Depuis hélas 5 ans, c’est le sentiment qui s’est installé." La réaction du ministre de la Ville, Maurice Leroy, ne s’est pas fait attendre, via un communiqué : "François Hollande n’a aucune politique des banlieues. (...) Ce manque flagrant de propositions dans sa campagne est d’autant plus regrettable pour les quartiers populaires qu’il existe un véritable consensus autour du succès de la rénovation urbaine unanimement saluée par tous les maires, mais également par les habitants eux-mêmes". Autre réaction, celle de l’auteure du livre Pourquoi les banlieues sont de droite, Camille Bedin, qui a qualifié de récupération politique la visite de François Hollande dans cet éphémère ministère du 4e arrondissement, arguant que l’hôtel particulier a été prêté par la mairie de Paris.
Premier constat : l’association AClefeu a réussi à lancer la polémique. Mission réussie. Le collectif a décidé d’occuper ce provisoire "ministère de la crise des banlieues" jusqu’à 18h demain, jeudi, en laissant planer le doute sur une éventuelle prolongation...

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