A Dangerous Method de David Cronenberg (Royaume-Uni, Canada 1H39) avec Keira Knightley, Michael Fassbender, Viggo Mortensen
Si vous avez raté le dernier film de David Cronenberg, profitez donc du Printemps du Cinéma et courez dans les deux salles parisiennes qui le projettent encore.
Viggo Mortensen en Freud et Michael Fassbender en Carl Jung : distribution très convaincante dans ce film qui parvient à mêler habilement spectacle de cinéma et réflexion psychanalytique.
Cheval de Guerre de Steven Spielberg (Etats-Unis, 2H27) avec Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mullan.
L’amitié entre un jeune paysan, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey, qui se trouvent séparés par la Première Guerre Mondiale. Albert fera tout pour retrouver son « cheval de guerre », entraînant le spectateur à sa suite, dans cette grande fresque historique, classique, chaotique et généreuse.
Nouveau film de Steven Spielberg, dont la franchise et les naïvetés nourrissent le grand spectacle.
Cloclo de Florent Emilio Siri (France, 2H28), avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini
Nostalgie à retrouver des couplets connu, gourmandise de la reconstitution qui rend tout passé pittoresque, plaisir de la performance d’acteur se métamorphosant : on peut aller passer un moment agréable avec ce biopic plus bizarre qu’il n’y paraît où Jérémie Rénier démontre, si besoin en était, à quel point il est un acteur passionnant.
Go go Tales d’Abel Ferrara (Italie, Etats-Unis, 1H45) avec Willem Dafoe, Bob Hoskins, Matthew Modine
Avant que la rumeur de son projet autour de l’affaire DSK, interprété par Gérard Depardieu, ne fasse beaucoup parler de lui, Ferrara est d’abord un des plus passionnants cinéastes américains.
Une occasion d’aller le vérifier avec cette histoire de cabaret de gogo danseuses à Manhattan, avec des personnages filmés avec bienveillance et légéreté, dans l’univers cher à Ferrara de la nuit new-yorkaise.
Oslo, 31 août de Joachim Trier (Norvège, 1H36) avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava
Anders, en cure de désintoxication après une tentative de suicide, a une permission de sortie le 31 août pour un entretien d’embauche. Durant cette journée, il renoue les fils de son passé, entre regret et solitude.
Le film de Joachim Trier, bien qu’adapté de Pierre Drieu La Rochelle et déjà porté à l’écran par Louis Malle en 1963, arrive à imposer sa sincérité et sa beauté franche.
La Taupe de Tomas Alfredson (Royaume-Uni, France, 2H07) avec Gary Oldman, Mark Strong, John Hurt
Le célèbre héros de John Le Carré, George Smiley, doit débusquer une taupe soviétique au sein des services secrets britanniques.
On peut trouver Gary Oldman un peu monolithique et la reconstitution des années 70 proprette (songeons à la laideur formelle de Family Plot d’Hitchcock ou du Facteur humain de Preminger !), mais on se laisse volontiers entraîner par l’efficacité de la mise en scène et la qualité des acteurs.
38 Témoins de Lucas Belvaux (France, 1H44) avec Yvan Attal, Sophie Quinton, Nicole Garcia
Sa trilogie policière (Un couple épatant, Cavale et Après la vie en 2002), avait montré à quel point le comédien Lucas Belvaux était aussi un cinéaste vigoureux. Le revoilà, avec une histoire glaciale sur la lâcheté ordinaire de témoins qui n’ont rien vu, rien entendu, d’un crime sous leurs fenêtres. Avec Sophie Quinton et Yvan Attal en couple qui se désintègre sur fond de fait divers, et Nicole Garcia en journaliste effrayante à force d’être intègre.

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