Le journal d’annonces « De Particulier à particulier » vient de réaliser une étude en adressant un formulaire à 15 000 bailleurs privés : 3 000 à Paris, 6 000 en Ile-de-France, et 6 000 en Province. Parmi ceux-ci, 4 146 ont courageusement répondu, ce qui a permis au Particulier de dresser un portrait-type du propriétaire. L’idée était originale, « naturaliste » et nécessaire. Et les résultats de cette étude, en dessinant les contours de cette population, met vraiment à mal le mythe du « p’tit proprio qui complèterait tout juste sa retraite étriquée ».
Selon cette enquête, seuls 30% des bailleurs ne possèderaient qu’un seul logement locatif en plus de leur résidence principale. Tous les autres, c’est-à-dire 70%, en ont davantage. 26% en ont 2 (logements locatifs !), 29% entre 3 et 5, puis 9% entre 6 et 10, et enfin 6% carrément plus de 10 logements locatifs. Toujours en plus de leur résidence principale, voyons !
Pour 38% des bailleurs, les loyers perçus représentent entre 20 et 50% de leurs revenus. Pour 9%, plus de la moitié de leurs revenus.
Pour 16% des bailleurs, les biens loués proviendraient d’un héritage. C’est davantage la France qui naît au bon endroit que la France qui se lève tôt qui possède un patrimoine immobilier, et cette France-là a bénéficié à fond des ballons de la loi Tepa, qui réduisait considérablement les droits de succession.
Parmi les autres, on trouve ceux qui surent tirer parti des aides publiques pour constituer leur patrimoine. Ce fut grâce aux dispositifs fiscaux Robien (17%), aux Périssol (9%), ou aux Scellier (8%), qui permirent de réduire considérablement l’impôt sur le revenu. Et 6% eurent recours aux subventions de l’Anah qui aide à la réhabilitation de logements insalubres ou sans confort.
Le propriétaire est assez fier du bien qu’il met en location, sur lequel il porte en général une appréciation élogieuse, qui est souvent exagérée. Selon le Particulier, « Seuls 0,63% déclarent que leur bien est en mauvais état », et 5% en « moyen état ». Pour 54%, il est « en bon état », et 50%…. ont carrément recours au superlatif, le qualifiant d’ « excellent ». De l’autre bord, les associations de défense des locataires font pourtant part de litiges récurrents…
Rions un peu : 49% des bailleurs affirment effectuer des travaux à chaque changement de locataire, 7% tous les ans, 15% tous les 3 ans, 14% tous les 5 ans. Et que penser de ceux qui n’en feraient que tous les 10 ans (5%), ou de façon encore plus aléatoire (11%) ? Il ne s’agit, vous le comprendrez bien, que de déclarations, et aucune vérification des dires relevés ne fut faite. Et d’où viendraient alors ces conflits dans lesquels les bailleurs se font tirer l’oreille soit pour changer une chaudière explosée, ici pour une fenêtre qui baille, ou là encore pour une installation électrique devenue dangereuse ?
41% des propriétaires déclarent avoir connu des litiges avec certains de leurs locataires. Parmi ces conflits, 51% ont été réglés à l’amiable, ou par une simple mise en demeure (33%). Parfois (31%), le recours à l’huissier a été jugé nécessaire, voire même le règlement par un tribunal (37%).
Tentons maintenant d’imaginer qui serait, pour le bailleur moyen, le locataire idéal ? Celui qui saurait le mieux le rassurer ? Et bien parlez-lui des salariés du public (41%) plutôt que des professions indépendantes (3%), alors qu’étrangement son mode de pensée serait paradoxalement libéral ! Les étudiants ? Ils sont d’autant plus rassurants qu’ils obtiennent en général la caution de leurs parents.
Et quel âge aurait-il, ce locataire idéal ? Moins de 35 ans évidemment.
André Balbo
sources : De Particulier à particulier, Le Parisien

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