Santé 
5 février 2010

Publication du rapport sur les nouvelles pratiques des drogues

 



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L’Observatoire français des drogues et des toximanies (OFDT) a rendu public hier son rapport. Plus nombreux, plus jeunes et plus féminins qu’il y a 10 ans, les consommateurs de drogues illicites (hors tabac et alcool) dans la France d’aujourd’hui ont des profils bien plus variés que les groupes traditionnellement identifiés.

Son dispositif d’observation Trend, mis en place en 1999, confirme 3 tendances apparues année après année : la banalisation du cannabis dont l’usage est désormais massif mais stable (1,2 million de fumeurs réguliers dont 550 000 au quotidien ; le retour de l’héroïne (le nombre de surdoses a presque doublé entre 2004 et 2007) ; la percée de la cocaïne qui jouit d’une image positive, ce qui inquiète les autorités sanitaires.

Les Français seraient en tête des fumeurs de joints européens. La part des adultes (18-44 ans) ayant fumé du cannabis est passée de 18% (en 1992) à 40% (en 2005). À 17 ans, 42,2% des jeunes ont déjà tiré sur un joint et 7,3% fument régulièrement. L’achat serait fait en majorité auprès de proches, pour un tiers auprès d’un dealer, et un fumeur sur 10 cultiverait ses propres plants. L’initiation a lieu vers 15 ans, plutôt dans la journée, en sortant de cours, chez des copains, les auteurs du rapport soulignant « le désir d’insertion dans un groupe d’amis ». La fumette n’est pas perçue comme une déviance mais bien comme une « mise en conformité » avec les normes de l’entourage. « La pression informelle du groupe des pairs joue un rôle essentiel dans l’installation de cette consommation ».

L’héroïne referait surface depuis 2006, et « la disponibilité du produit est en hausse sur la quasi-totalité des sites du dispositif » nous alerte l’OFDT. Consommateurs plus jeunes, plus socialement insérés, notamment dans les milieux festifs où l’on sniffe plus que l’on se pique.

La cocaïne connaît une progression préoccupante surtout chez les jeunes adultes. Le milieu de la techno est très consommateur (62% des teufeurs ont déjà pris un rail). Les cités de la Région sont aussi touchées. Enfin, la cocaïne se développerait dans les classes moyennes et ne serait pas spécialement surconsommée dans les milieux de la mode, de la pub et du show-biz.

André Balbo

Sources : Libération, OFDT


derniere modification: vendredi 5 février 2010, par André Balbo