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1er mars 2011

Qu’attend-t-on pour apporter au 93 des moyens exceptionnels ?

 


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43% des 1,5 million d’habitants de ce département ont moins de 30 ans, alors qu’en moyenne en France métropolitaine cette proportion n’est que de 35%.

Son taux de natalité est de 18 naissances pour 1 000 habitants (contre 12,8 en France).

Le département tend à accueillir les familles modestes et les jeunes ménages, tandis que les familles dont les revenus s’améliorent ont tendance à le quitter.

21% des chefs de ménage sont étrangers.

La part de ménages considérés comme pauvres, c’est-à-dire dont le revenu fiscal de référence était inférieur à 9 400€ en 2008 est de 28%, contre 18% dans les Hauts-de-Seine, ou 16% dans les Yvelines. Près de la moitié des ménages de la Seine-Saint-Denis ne sont pas imposables.

La proportion de cadres est beaucoup plus faible que dans le reste de l’Ile-de-France. L’Observatoire de la Seine-Saint-Denis note que, entre 1999 et 2006, la situation n’a pas évolué, à l’exception de quelques communes limitrophes de Paris qui ont profité de la hausse de l’immobilier dans la capitale.

Alors que les décennies 1980 et 1990 ont été marquées par une chute de l’emploi industriel, le département a vu le nombre de ses emplois tertiaires progresser dans les années 2000.

En revanche, le chômage continue de toucher 17% de la population active.

En matière d’éducation et de formation, à peine 10% des actifs disposent d’un niveau bac + 2, contre 40% à Paris ou 30% dans les Hauts-de-Seine. Et pourtant, entre 1999 et 2006, leur progression dans le 93 aura été de 40%. Pour l’Observatoire départemental : « Une partie de cette amélioration est à porter au crédit des performances du système scolaire, une autre aux migrations résidentielles de populations plus qualifiées et plus diplômées ».

En 1998, le département avait pourtant bénéficié par le ministre de l’Éducation de l’époque, Claude Allègre (gouvernement Jospin), de 3 000 postes dans le système scolaire. Ce « plan de rattrapage n’a pas pu avoir d’effet. Il a uniquement permis de faire face à l’explosion du nombre de primo-arrivants dans le département. Il n’a en rien permis de briser les inégalités sociales qui sont au cœur des retards scolaires » souligne Claude Bartolone, le président PS du Conseil général.

Tant dans le secondaire que dans l’enseignement supérieur, les enfants sont souvent les premiers membres de leurs familles à aller au lycée ou à l’université. Ils n’auront pas de soutien familial, ne connaîtront pas les codes et pour un ensemble de raisons sociales et culturelles, leur ambition en sera limitée, comme plus tard leurs réseaux pour trouver du travail, ainsi que l’analysent aussi bien l’inspecteur d’académie Daniel Auverlot que le président de l’Université Paris XIIIe, Jean-Loup Salzmann.

Enfin le département connaît un phénomène de « fuite de cerveaux », Daniel Auverlot notant que « sur 100 élèves de CM2, on n’en retrouve plus que 82 dans les collèges du département… »

Un grand nombre d’entreprises se sont installées dans le département, débouchant sur une hausse spectaculaire de 48% des emplois entre 1999 et 2006. Les habitants n’en ont que peu bénéficié : 70% des emplois autour du Stade de France sont occupés par des salariés ne résidant pas dans le département, où les entreprises disent ne pas trouver « les profils adéquats ».

Ainsi voit-on chaque jour, matin et soir, le chassé-croisé de deux populations…

30% des actifs du département n’ont aucun diplôme, soit le double de Paris et des Hauts-de-Seine. Alors que dans les arrondissements privilégiés de Paris, la proportion de jeunes sans baccalauréat reste inférieure à 7%, celle-ci est supérieure à 28% dans la moitié de la Seine-Saint-Denis, et dépasse même 35% dans 6 communes : Clichy/Bois, La Courneuve, Aubervilliers, Bobigny, Stains et Villetaneuse.

Ce département est en crise permanente. Pour Claude Bartolone, « la situation est grave », et pour Guy Trésallet, secrétaire général de la FSU 93, « On ressent un vrai sentiment d’abandon de la part de l’État ».

Alors ? Devrons-nous toujours vivre dans l’attente d’une étincelle ? Où d’une explosion, pour mieux comprendre une situation dont nous savons déjà presque tout ?

André Balbo

sources : Le Monde, L’Observatoire départemental de la Seine-Saint-Denis, Conseil général, FSU 93

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18 mars 2011 – Dernière contribution par Guy Trésallet

Qu’attend-t-on pour apporter au 93 des moyens exceptionnels ?

Juste une précision pour que chacun parle bien de la même chose.
La plan dit de rattrapage arraché en 1998 à un gouvernement qui ne voulait pas bouger, ne l’oublions pas (Madame Royal comme Mr Allègre ont tout tenté, jusqu’au bout pour ne rien entendre et ont joué le pourrissement, ne réécrivons pas l’histoire..) n’est pas venu de nulle part.
Dès 1992 les organisations syndicales de l’ex FEN (devenue FSU) s’étaient livrées à un travail de titan. A savoir vérifier, niveau d’enseignement par niveau d’enseignement, classe par classe, discipline par discipline, profession par profession, que les règles nationales en matière de nombre d’heures d’enseignement et de nombre de personnels étaient bien respectées.
Après avoir longuement recompté, car les copains étaient les premiers surpris du chiffre, il manquait plus de 5600 postes ... !
On a réactualisé pendant le mouvement de 98 et on dépassait alors les 6000 postes manquants. Encore une fois juste pour l’application des règles communes, pour être à égalité avec les départements voisins
Comprenez que lorsque la Seine Saint Denis obtient 3000 postes c’est donc bien exceptionnel, personne ne s’en est plaint, mais aussi largement insuffisant. Pour notre part, nous l’avons dit et écrit. Nous avions même réussi à convaincre un inspecteur d’académie qui avait travaillé sur un complément sous la forme d’un plan de développement, plan que nous attendons encore
Je ne développerai pas plus, mais on devrait aussi regarder 2 choses : quelle a été la répartition de ces moyens par les autorités de l’époque et comment la Seine Saint Denis a été mise à l’écart de tous les plans de développement qui se sont élaborés après 98, au prétexte qu’elle avait été déjà laregement servie, donc comment elle a aussi accumulé, de nouveau, des retards....

Certes, tout n’est pas question de moyens et, pour notre part, nous ne sommes pas dans le campde celles et ceux qui réclament des oyens pour des moyens. Il n’empêche que quoi qu’on en pense, le 93 n’est pas traité de la même manière que les autres. C’est aussi ça qu’on dénonce, cette stigmatisation et cette maltraitance des milieux populaires

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  • Qu’attend-t-on pour apporter au 93 des moyens exceptionnels ? 18 mars 2011 16:37, par Guy Trésallet
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    Juste une précision pour que chacun parle bien de la même chose.
    La plan dit de rattrapage arraché en 1998 à un gouvernement qui ne voulait pas bouger, ne l’oublions pas (Madame Royal comme Mr Allègre ont tout tenté, jusqu’au bout pour ne rien entendre et ont joué le pourrissement, ne réécrivons pas l’histoire..) n’est pas venu de nulle part.
    Dès 1992 les organisations syndicales de l’ex FEN (devenue FSU) s’étaient livrées à un travail de titan. A savoir vérifier, niveau d’enseignement par niveau d’enseignement, classe par classe, discipline par discipline, profession par profession, que les règles nationales en matière de nombre d’heures d’enseignement et de nombre de personnels étaient bien respectées.
    Après avoir longuement recompté, car les copains étaient les premiers surpris du chiffre, il manquait plus de 5600 postes ... !
    On a réactualisé pendant le mouvement de 98 et on dépassait alors les 6000 postes manquants. Encore une fois juste pour l’application des règles communes, pour être à égalité avec les départements voisins
    Comprenez que lorsque la Seine Saint Denis obtient 3000 postes c’est donc bien exceptionnel, personne ne s’en est plaint, mais aussi largement insuffisant. Pour notre part, nous l’avons dit et écrit. Nous avions même réussi à convaincre un inspecteur d’académie qui avait travaillé sur un complément sous la forme d’un plan de développement, plan que nous attendons encore
    Je ne développerai pas plus, mais on devrait aussi regarder 2 choses : quelle a été la répartition de ces moyens par les autorités de l’époque et comment la Seine Saint Denis a été mise à l’écart de tous les plans de développement qui se sont élaborés après 98, au prétexte qu’elle avait été déjà laregement servie, donc comment elle a aussi accumulé, de nouveau, des retards....

    Certes, tout n’est pas question de moyens et, pour notre part, nous ne sommes pas dans le campde celles et ceux qui réclament des oyens pour des moyens. Il n’empêche que quoi qu’on en pense, le 93 n’est pas traité de la même manière que les autres. C’est aussi ça qu’on dénonce, cette stigmatisation et cette maltraitance des milieux populaires

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derniere modification: mardi 1er mars 2011, par André Balbo

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