Environnement, climat, ressources naturelles, écologie, bio 
19 janvier 2010

Quand il faisait si froid, croyions-nous encore autant au réchauffement climatique ?

 



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Vous avez certainement ces jours-là plaisanté, ou au moins entendu des plaisanteries sur le sujet… Le doute rôdait-il ? En tout cas le moment paraissait assez bien choisi pour mesurer la nature et la solidité de la nouvelle croyance que les Français accordent au concept de réchauffement climatique.

En pleine vague de froid, par pure curiosité intellectuelle, et sans qu’aucun commanditaire ne se soit déclaré, même pas l’Élysée m’a-t-on dit, Ipsos a réalisé une étude sur le sujet. Évidemment pas sur la question de savoir si le réchauffement climatique existe vraiment ou pas, chacun son métier, mais si les Français y croient, et de quelle manière.

Un mois après le sommet de Copenhague, donc, l’institut de sondage a questionné pour cette étude par Internet un échantillon de 1 013 personnes représentatives, majeures, patin couffin, et nous en livre ici les résultats.

Alors ? Les Français croient-ils au réchauffement climatique de la planète ? Considèrent-ils qu’il est aujourd’hui scientifiquement prouvé ? Quelle part des responsabilités attribuent-ils aux activités humaines dans cette phase de réchauffement ? Estiment-ils que celles-ci soient exagérées ou pas ? Pensent-ils que dans les prochaines années, des mesures seront prises au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique ?

La très grande majorité des Français croit à la réalité du réchauffement climatique (84%). Toutefois, leur croyance dans la réalité du phénomène est modérée. Seuls 40% y croient « tout à fait », les autres déclarent « plutôt » y croire (44%).

L’enquête montre surtout (et aussi) qu’avec l’âge, le doute se fait de plus en plus fort : seuls 74% des plus de 55 ans estiment que le réchauffement climatique est avéré. Pour ceux qui croient à l’existence du phénomène, la part de responsabilité des activités humaines ne fait aucun doute : 96% considèrent qu’elle est importante.

Les Français se montrent un peu moins convaincus que le réchauffement climatique est scientifiquement prouvé. Conséquence probable des dissensions entre les chercheurs mais aussi de l’échec du sommet de Copenhague, les interviewés sont plus dubitatifs sur le fait que le réchauffement climatique soit aujourd’hui scientifiquement prouvé.

Ils sont toutefois une majorité à le penser (77%) même si moins d’un Français sur trois pense que le phénomène est « tout à fait » prouvé (31%).

La plupart des Français considèrent que les conséquences des activités humaines sur le réchauffement climatique sont minorées ou exagérées. Ces résultats illustrent probablement leurs doutes sur la crédibilité des scientifiques sur le sujet.

Seulement 18% des personnes interrogées pensent que les conséquences des activités humaines sur le phénomène de réchauffement sont justement évaluées. Les autres considèrent soit qu’elles sont minorées (49%), soit qu’elles sont exagérées (33%). Les Français sont très partagés sur la capacité des Etats à prendre des mesures au niveau mondial. C’est l’une des conséquences directes de l’échec du sommet. Seulement 56% des personnes interrogées pensent que des mesures seront prises dans les prochaines années pour freiner le réchauffement climatique. À l’opposé, 44% sont persuadés du contraire.

Bon. Visiblement il y a encore pas mal de choses à faire, et les idées, au-delà de l’engouement initial qu’elles sont capables de susciter, ont besoin comme d’habitude de temps pour mûrir et s’installer dans nos esprits plus durablement, sans jeu de mots.

À bientôt,

André Balbo


derniere modification: mardi 19 janvier 2010, par André Balbo