L’État aurait décidé de vendre ses foyers pour travailleurs immigrés, ceux que l’on appelait les foyers Sonacotra, devenus il y a 3 ans "Adoma".
Il est question qu’Adoma soit rachetée par la Société nationale immobilière (SNI), filiale de la Caisse des dépôts, mais société de droit privé.
Dans un premier temps, la SNI, déjà actionnaire de l’Adoma, verrait sa participation passer de 27 à 54%, reléguant l’État au rang d’actionnaire minoritaire...
Aujourd’hui, l’Adoma va très mal. La Miilos, qui est un peu le "gendarme du logement social", indique à son sujet dans son dernier rapport que ses besoins en fonds propres sur 5 ans seraient de 220M d’euros. Et que le parc immobilier de la structure d’accueil des immigrés se serait gravement dégradé : 22 000 chambres sur 70 000 mériteraient une réhabilitation.
Alors comment expliquer que la SNI, société de droit privé répétons-le, cherche à se saisir dans ces conditions de l’Adoma ? Ne s’agirait-il pas pour elle tout simplement de réaliser de bonnes affaires immobilières ? Certains craignent, sur cette hypothèse, que les foyers pour immigrés installés dans les centres-villes soient rapidement vendus, ainsi que le siège de la société, rue de Cambronne à Paris, à deux pas de la Tour Eiffel.
Pour Bruno Guillaumot, administrateur CFDT d’Adoma, "Si nous étions abandonnés au milieu du gué, cela pourrait être catastrophique pour notre clientèle de travailleurs immigrés..."
"Pour l’instant, dans ce dossier, tout est masqué, regrette Pierre Henry, le DG de France, Terre d’asile. Qu’est-il en train de se passer ?"
André Balbo
Source : Le Parisien

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