La première chose que l’on retiendra est l’expression par les participants d’une très grande inquiétude : la crise et la rigueur ne risquent-elles pas de limiter les moyens mobilisés ces derniers temps contre le Sida ? Certains États ne risquent-ils pas de ne pas respecter leurs engagements financiers ?
Comment pourrions-nous avoir déjà oublié que le Sida est à l’origine de la mort de plus de 25 millions de personnes en une trentaine d’années ?
Les 20 000 chercheurs réunis à Vienne pour la XVIIIe Conférence internationale sur le Sida chercheront à obtenir des garanties et l’engagement des politiques. Ce ne sera pas simple.
L’Onusida, l’agence spécialisée de l’ONU, y plaidera pour que soit trouvé un traitement moins toxique sous forme de pilule, dont la distribution pourra être plus simple et d’un coût moindre. Cette solution, selon son pronostic, permettrait d’éviter d’ici 2025 quelque 10 millions de décès. Et en outre de réduire, chaque année, les nouvelles infections de près d’un million.
De nombreux médecins et de nombreux chercheurs se sont activement prononcés pour un dépistage, basé sur le volontariat mais offert et proposé à tous, et pour que ce dépistage soit associé à un traitement des séropositifs, même à bas niveau d’infection. Il s’agirait alors de « réduire la quantité de virus en circulation », selon Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS (l’agence française de recherches sur le Sida).
Il aurait été prouvé lors de plusieurs campagnes d’essai au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud que la circoncision réduirait de 60% le risque de contracter le virus lors d’un rapport hétérosexuel. En complément du préservatif, l’Onusida et l’OMS recommandent cette technique comme moyen de prévention. Sa généralisation éviterait 5,7 millions de nouvelles infections et 3 millions de décès.
Enfin l’espoir du vaccin, dont les avancées, pour être encourageantes n’en sont pas moins insuffisantes. Le vaccin expérimental thaïlandais en septembre 2009 aurait réduit de 30% le taux d’infection chez les volontaires thaïlandais. Et il y a quelques jours, des chercheurs américains découvraient deux anti-corps susceptibles d’être utilisés dans la conception d’un vaccin.
De grandes craintes pèsent encore sur la façon dont cette maladie et ses malades sont appréhendés de par le monde. En Europe de l’Est, par exemple, le Sida frappe particulièrement fort sur la population à risque que constituent les drogués. 70% d’entre eux seraient porteurs du virus.
En France certaines populations auraient toujours un accès limité au dépistage et aux traitements : les gays, les consommateurs de drogues et les migrants.
Qu’annoncera Roseline Bachelot à Vienne, notre ministre de la Santé qui se dit si personnellement concernée par le sujet ?
L’appel des chercheurs, médecins et associatifs, dans le doute, se fait pressant : « Nous, acteurs de la lutte, savons ce qu’il faut faire : décider et agir ».
André Balbo
Sources : Le Parisien, Libération

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