Une centaine d’ouvriers du syndicat du Livre de l’imprimerie du Monde, inquiets, ont occupé quelques heures le 21 juin les locaux de Free (groupe Iliad) à Paris.
Ils souhaitaient rencontrer Xavier Niel, PDG d’Iliad et membre du trio des nouveaux actionnaires du groupe « le Monde », afin d’évoquer avec lui la modernisation de l’imprimerie du Monde, à Ivry, rendue « nécessaire pour pérenniser le site industriel et sauvegarder l’emploi ».
Depuis deux ans, cette imprimerie a successivement perdu l’impression du JDD, de Direct Matin et celle du Guardian. En novembre 2012, il perdra encore l’impression des Echos.
Selon la direction du groupe Le Monde, l’imprimerie accuserait une perte d’exploitation de plus de 3M€ en 2011. « A l’horizon 2013, les pertes annuelles prévisionnelles seront supérieures à 10M€ si rien n’est fait », disait notamment Louis Dreyfus, qui préside le directoire du groupe, dans un courrier qu’il adressait le 16 juin aux salariés.
Les 10, le 17 et le 22 juin, le propre quotidien du groupe n’a pu être mis en kiosques dans des conditions normales en raison de mouvements de grève à l’imprimerie, et la vente de l’hebdo en a aussi été très perturbée.
La direction envisagerait dorénavant de ne plus faire imprimer qu’une partie du journal sur une seule des trois rotatives d’Ivry, et l’autre partie en province. Cette mesure lui permettrait d’être mieux distribué dans les régions, c’est-à-dire l’après-midi même de sa parution.
Il est vrai que, dans sa grande majorité, la province est aujourd’hui condamnée à ne lire le grand quotidien du soir de référence… que le lendemain de sa parution, et que le fait que le journal soit « daté » du lendemain n’est en fait qu’un gros mensonge cosmétique, devenu d’autant plus absurde que nous vivons de plus en plus à l’heure de l’immédiateté de l’information…
André Balbo
sources : Libération, Les Échos

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