Le 18 juin 2010, alors qu’Éric Besson était encore ministre de l’Immigration, il s’était engagé à ce que les sans-papiers travaillant voient leur cas traité par les préfectures. Les travailleurs en situation irrégulière devaient pouvoirs être régularisés.
9 mois plus tard, selon les défenseurs des étrangers, les préfectures multiplieraient les tracasseries administratives à l’encontre de ces sans-papiers.
Entre août et novembre 2010, 3 900 dossiers de demandes de régularisation ont été déposés dans les différentes préfectures d’Ile-de-France. Sur ce total, 1 500 ont débouché sur l’octroi d’un titre de séjour, 100 sur une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Les 2 300 autres sont toujours en attente alors que le gouvernement s’était engagé à donner une réponse dans les 4 mois.
Raymond Chauveau, coordinateur CGT du mouvement des travailleurs sans papiers, dénonce cette situation : « Des employeurs perdent patience et licencient des travailleurs sans papiers au motif que leurs dossiers dorment dans des préfectures depuis des mois ».
La préfecture de police de Paris précisait début février 2011 avoir reçu 1 533 dossiers depuis août 2010, 858 ayant été « examinés », dont 338 sont « en voie d’admission exceptionnelle au séjour ». Le traitement des 675 autres « se poursuit ».
Des éléments complémentaires peuvent être demandés, en plus des pièces qui doivent figurer au dossier selon les accords.
Les défenseurs des sans-papiers et les préfectures s’opposent également sur les différentes versions de la liste des métiers dits « en tension ».
Enfin, contrairement aux promesses de Monsieur Éric Besson, des préfectures dont celle de Paris rechigneraient à régulariser les intérimaires, sauf ceux employés par les poids lourds comme Randstad, Adecco, et Manpower.
Pour l’instant, les sans-papiers ont arrêté le mouvement de grève débuté en 2008. Le 1er février 2011, les 500 travailleurs en situation irrégulière qui occupaient la Cité nationale de l’histoire de l’immigration depuis 4 mois l’ont quitté, la direction de l’établissement ayant fait appel aux CRS.
Quant à une nouvelle occupation, Raymond Chauveau avait répondu : « On n’exclut rien ». La promesse a été réitérée le 23 mars : C’est le printemps, il fait beau, l’hiver est fini, on repart à l’attaque ! »
André Balbo
sources : Libération, coordination CGT des travailleurs sans papiers

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