Comment voulez-vous dans ces conditions qu’un nouvel opérateur parvienne un jour à s’y implanter ? C’est le constat de l’enquête que l’Autorité de la concurrence a publié le 7 décembre.
« Le niveau de concentration de nombreuses zones de chalandises est préoccupant », et le cas de Paris tout particulièrement. En effet dans la capitale, le groupe Casino (avec les magasins Franprix, Monoprix, Leader Price et Petit Casino) détient plus de 60% du marché, quand la deuxième enseigne, Carrefour, n’atteint pas même 20%.
Or, pour l’Autorité de la concurrence, « si 4 opérateurs ou moins détiennent plus de 90% de parts de marché ou si l’un d’eux possède une position dominante, le marché est considéré comme concentré et (par conséquent) la concurrence affaiblie ».
L’une des solutions évoquées pourrait consister à « libérer les magasins indépendants des contraintes extrêmement fortes qui les lient à leur tête de réseau, de façon à ce qu’ils puissent plus facilement changer d’enseigne ». Une autre serait peut-être de limiter dans le temps les clauses de non-concurrence introduites dans les contrats de vente des magasins.
Il existe aussi un grave problème non évoqué dans cette étude. La multiplication de ces commerces de proximité à Paris, - dans certains quartiers chaque 200m -, crée également vis-à-vis des petits commerces de bouche, du fait de la violence de leur concurrence, de véritables déserts. Dans ces moyennes surfaces de proximité, vous trouvez du pain, des produits frais, laitages, fromages, légumes, fruits, parfois fleurs, etc. Leurs horaires sont souvent de plus très étendus (de 8h à minuit !). Ils ouvrent aussi le dimanche jusqu’à 13h.
Comment imaginer que des « petits commerçants » puissent résister et survivre dans un tel environnement hyper-concurrentiel. Que deviendront dans un tel contexte les volaillers, bouchers, écaillers, poissonniers, boulangers, pâtissiers, fleuristes, et autres artisans de bouche ?
Serons-nous bientôt condamnés à l’uniformité de ces seules deux chaînes de distribution ?
Et si je vous disais comme la présence des produits de distributeurs, ceux qui remplacent de plus en plus les produits de marques de consommation courante, si je vous disais à quel point leur présence insidieuse et toujours plus oppressante, m’énerve !
André Balbo
sources : Autorité de la concurrence, Les Échos

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