Après les Notaires, la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) indique que la fin de l’année 2011 a marqué un « atterrissage en douceur » du marché immobilier francilien. Un « début d’effet de crise » encore « contenu par la pénurie de logements » disponibles, notamment à Paris, mais qui ne devrait pas tarder à laisser place à un mouvement de baisse des prix. La Fnaim ne s’avance pas encore sur l’ampleur possible du repli.
Pour l’heure, les signes avant-coureur du retournement sont un gonflement du stock des biens en attente d’un repreneur, et un allongement des délais de transactions.
À Paris, la durée moyenne de vente est aujourd’hui de 60 jours, contre 54 jours au premier semestre et 38 jours au deuxième semestre 2010. La Fnaim prédit des délais plus longs encore en 2012. Pour mémoire, c’est en 2009 que les délais étaient les plus longs, de 91 jours au premier semestre, et 62 jours au premier.
La dégradation devrait être plus nette encore en petite et grande couronne, où la suppression du prêt à taux zéro (PTZ+) dans l’ancien fait planer la menace d’« un blocage pour les primo-accédants », qui signent le gros des transactions immobilières. « 70 % des ventes dans certains cabinets de l’Essonne sont réalisés en PTZ », indique la Fnaim.
Un certain nombre de facteurs conjoncturels ne sont pas vraiment de nature à créer la confiance d’acheteurs potentiels, dont « les risques économiques et sociaux liés à la crise, l’anticipation d’une hausse des taux d’intérêt, et des incertitudes liées à la période électorale ».
Ces facteurs entretiennent un climat général pessimiste défavorable à l’investissement immobilier.
Les réflexions sur le sujet seraient bien incomplètes si nous n’y mêlions pas le grain de sel de l’agence de notation Standard & Poor’s, pour qui « l’immobilier, l’emploi et la confiance des consommateurs restent les domaines les plus inquiétants pour les économies développées ».
Alors que la France se prépare à une très probable perte de son Triple A, l’agence prévoit que les prix de l’immobilier dans l’hexagone perdront (rapidement) entre 5 et 10%.
De fait, « les prix des logements en région parisienne ont augmenté de 18% sur les 12 mois précédent septembre 2011, ce qui est un taux très inquiétant dans le contexte de ralentissement économique et de chômage élevé. Donc la France est un peu une exception... », poursuit l’agence.
André Balbo
sources : La VieImmo, Fnaim, S&P

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