La Ville de Paris passe son temps à faire des choix essentiels. Il s’agira cette fois de renouveler la concession d’une splendide salle de 1 250 places sur les Champs-Élysées, le théâtre Marigny, qui date de 1855, et connut Offenbach, comme la Gaîté Lyrique, puis bien plus tard le couple Renaud-Barrault, et Elvire Popesco.
Initialement, le renouvellement paraissait simple. Ce devait être l’industriel François Pinault, titulaire du bail depuis 2000 et qui en avait confié la direction à Pierre Lescure, qui n’aurait fait qu’être automatiquement reconduit. Mais la compétition s’est soudain animée avec la survenue de Jean-Manuel Bajen, qui détient déjà les Variétés du boulevard Montmartre, et qui exprime plus que de l’enthousiasme pour ce nouveau projet. « Ça fait 20 ans que je produis des pièces et 5 ans que j’ai rénové le Théâtre des Variétés. Au Marigny, j’ai envie de faire la même chose : rénover ce morceau magnifique de notre patrimoine architectural et artistique. C’est un des points centraux de ma candidature, restituer les décorations d’époque. Ensuite, j’ai pour ambition d’y faire briller la comédie divertissante et l’accès au jeune public », a-t-il confié au Parisien.
Le bail devra être renouvelé en février 2011, mais le théâtre Marigny nécessite au moins 5M€ de travaux, dont ventilation, électricité et accès aux handicapés… Un tel montant impliquerait que le locataire puisse bénéficier d’un bail de longue durée pour pouvoir entrer dans ses frais.
Le 16 décembre, chacun des deux candidats a dû présenter son projet devant un jury composé des spécialistes de la mairie de Paris. La redevance annuelle de 55 000€ qui devra être versée à la Mairie de Paris ne variera pas.
Le dossier de Jean-Manuel Bajen semble être aujourd’hui considéré comme « solide et sérieux », mais l’industriel bordelais mécène des arts demande un bail de 50 ans, ce qui est un peu long…
Le suspense ne devrait normalement ne finir qu’en février. Alors pour quelles raisons Jean-Manuel Bajen dit-il depuis des semaines que la mairie de Paris l’aurait déjà choisi pour reprendre la concession ?
Et comme le dit l’Express, « s’il est vrai que Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo ou Christophe Girard ne servent qu’à ratifier une victoire autoproclamée, est-il bien nécessaire de déranger MM. Pinault et Lescure ?
André Balbo
sources : Le Parisien, L’Express

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