Le bio présente pour une telle entreprise, qui cherche apparemment à empiler les marchés de niches, un certain nombre d’avantages non négligeables. Parmi lesquels nous pourrions ranger par exemple le fait que la clientèle « bio » peut se révéler fidèle, voire exclusive, quand elle est conquise. Que la part de ce marché n’est plus confidentielle. Que l’on sait pertinemment et très précisément où cibler cette population et comment lui faire passer des messages.
Et surtout, on peut apprécier à sa juste valeur qu’elle accepte avec une certaine placidité ou résignation de payer nettement plus cher les produits comme « bios ».
Déjà riche de cette approche, et après son incursion très médiatisée sur l’alimentation halale, Quick s’attaque dès le 21 septembre 2010 à l’alimentation biologique, avec son premier cheeseburger intégralement bio. Pour le distinguer des autres, sa portion de viande est carrée, et tous ses composants, pain, viande, fromage, oignons (taillés en cube) et sauce sont certifiés AB, issus de l’agriculture biologique.
Son prix ? Presque 43% plus cher que le « cheese » classique : 2,50€, contre 1,75 !
L’offre est limitée dans le temps à deux mois, selon Laurent Niewolinski, directeur marketing de Quick France, « essentiellement pour des questions d’approvisionnement ». Mais n’est-ce pas aussi entourer le projet d’une dose élémentaire de précaution ? Ne s’agit-il pas seulement pour Quick d’un test jusqu’au 29 novembre ? Une seconde chance sera donnée à la tentative de conquête de ce marché par le lancement d’un second produit bio…
On dit que cette clientèle, particulière, est assez exigeante. Elle est aussi, de façon souvent justifiée, un peu ombrageuse. Comment appréciera-t-elle que ce Cheeseburger, même garanti 100% bio, lui soit proposé par une marque de « fastfood » distribuant une « malbouffe » dénoncée par les nutritionnistes ? Ce voisinage ne sera certainement pas perçu comme « politiquement compatible ».
Sur le produit lui-même, écolos, bios, bobos, amateurs de nouveautés, à vos papilles ! Et soyez donc d’une exigence totale, mais que votre verdict soit juste ! En revanche, s’il le doit, qu’il soit cruel et sans appel, tant il est vrai que le lien entre « bio » et « fastfood » a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête !
Jugement rendu au 29 novembre !
André Balbo
Sources : Quick, Europe1, Novopress, Le Parisien

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