Depuis que le gouvernement et la presse évoquent la menace d’attentats terroristes, les alertes à la bombe et aux colis piégés se multiplient dans les transports publics. Jusqu’à une dizaine par jour.
Un colis suspect nécessite l’intervention de démineurs, et peut générer de nombreuses perturbations, allant de l’évacuation de station(s), comme le 27 septembre à Saint-Lazare, jusqu’à l’arrêt des trains. Ainsi le 30 septembre, les lignes 5 et 7 du métro ont-elles été perturbées.
Afin d’éviter que la répétition de tels événements ne débouche sur un blocage complet des transports en commun, les consignes transmises aux agents de la RATP les incitent à minimiser le risque, et les précautions prises sont ainsi parfois un peu… allégées, comme l’a confié au Parisien Philippe Touzet, délégué SUD-RATP. Certaines notes de la Régie sur cette question seraient parfois dignes de sketches de Fernand Reynaud : « Un objet abandonné est qualifié de suspect en fonction de son aspect. » ?!?
La préfecture de Police indique qu’en cas de découverte de colis suspects, la procédure veut que les agents d’exploitation donnent l’alerte et que la police soit immédiatement envoyée sur place. Un périmètre de sécurité doit être alors installé. Curieusement, pour ce qui est de l’interruption, ou pas, du trafic, la décision reviendrait à l’exploitant.
Au quotidien, la réalité est parfois moins respectueuse des procédures, comme ce cadre un peu zélé qui n’hésita pas à ouvrir, à la station Place-des-Fêtes, une valise métallique abandonnée sur le quai, sans attendre l’arrivée des démineurs…
Le 14 septembre, alerte à la bombe à Saint-Michel. La gare est évacuée. Mais les trains ont continué de rouler !
« Entre les consignes de sécurité et la nécessité de maintenir la régularité du trafic, le choix est souvent vite fait », note Daniel Le Cunff, délégué CGT.
Pour la direction de la RATP : « En cas d’alerte à la bombe, nous suivons strictement les ordres de la préfecture de Police ».
André Balbo
Source : Le Parisien

envoyer par mail
Imprimer la page