la France n’a plus de politique industrielle telle que celle qui avait été définie et mise en œuvre de manière ambitieuse par les deux premiers présidents de la V ème République, avec de grands projets nationaux, et qui a conduit à une véritable revitalisation du tissu industriel français, en dépit de quelques échecs.
Les années 1970 se sont traduites par un retrait de l’État des affaires industrielles du pays, un recul de la politique industrielle et la montée des services, et même plus tard par un quasi effacement du ministère concerné.
En dépit de l’action volontariste engagée par quelques ministres de l’industrie et de la reconversion courageuse et obligée de secteurs entiers condamnés par la force des choses (mines, sidérurgie, textile, chantiers navals…), les années 1980 ont manqué de claires orientations en matière industrielle. La succession des nationalisations et dénationalisations n’a rien arrangé en ce domaine.
Il faut souligner que les gouvernements comme les chefs d’entreprises ont opté pour un modèle de croissance s’appuyant sur le développement des services, jugés parfois moins coûteux et plus rentables sur le court terme. Ces choix économiques et politiques ont entraîné de fait un désengagement, financier, intellectuel, culturel, envers l’industrie qui s’est trouvée peu à peu marginalisée, y compris dans les discours et attentes politiques.
Alors que l’industrie a été trop longtemps regardée à tort comme une activité du passé, la mission notera que les pays ayant conservé un fort socle industriel ont mieux résisté à la crise qui a touché les économies occidentales à l’automne 2008. La crise bancaire et financière a ainsi coïncidé en regard avec un intérêt nouveau pour l’industrie.
Dans le même temps, l’image même de l’industrie s’est dégradée dans notre pays.

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