Un rapport sur la relance du tourisme d’affaires à Paris a été remis le 6 juillet au secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation, bref à Frédéric Lefebvre.
Ce rapport, demandé en février 2011 par Bercy et par le secrétariat d’État au tourisme, avait pour but d’évaluer les forces et les faiblesses de Paris, et ses conclusions devraient permettre de faire naître « une nouvelle ambition » en matière de tourisme d’affaires, en tenant compte du projet du Grand Paris dans un contexte de concurrence renforcée.
Ce document a été rédigé par Gilles Pélisson, qui fut PDG du groupe Accor de fin 2005 à novembre 2010. Il était assisté dans cette mission de Marie-Christine Armaignac et Jacques Lovergne, contrôleurs généraux économiques et financiers. Des témoignages d’un grand nombre d’acteurs, publics et privés du tourisme d’affaires ont été recueillis, et il a été établi des comparaisons avec des agglomérations concurrentes sur le secteur des congrès comme Francfort, Barcelone, Vienne, Berlin, Dubaï, Singapour et Lyon.
Si l’Ile-de-France reste la première région touristique au monde, devançant Londres et New York, Paris perd des parts de marché. De 26Mds€ en 2006, le voyage d’affaires en France n’en génère plus que 14 en 2010, selon un baromètre American Express. Pour Bercy, il était donc devenu « urgent de prendre les mesures qui doivent permettre au Grand Paris de conserver sa prééminence ».
Gilles Pélisson suggère dans son rapport une vingtaine de recommandations qui renforceraient l’attractivité de la capitale. « Le tourisme d’affaires doit être vu comme une industrie à part entière dont les retombées économiques directes ou indirectes » génèrerait, selon lui, 3 à 5 fois plus de dépenses que le tourisme d’agrément. Ainsi, en 2010, la clientèle d’affaires en a généré 3,3Mds€.
La liaison entre l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et le cœur de Paris est la priorité. Il faut encore aujourd’hui 40 mn pour rejoindre Paris en RER, alors qu’il n’en faudrait plus que 19 avec le projet (2015-2017) de liaison rapide Charles-de-Gaulles-Express (CDG Express), qui devrait relier l’aéroport à la Gare de l’Est... si le projet voit le jour.
80% du tourisme d’affaires français est concentré dans la capitale, qui se doit donc impérativement de répondre aux attentes étrangères, au risque de perdre une visibilité-clé en matière d’investissements étrangers. Dans le classement ICCA, qui recense les congrès de plus de 50 participants, Singapour, Vienne et Barcelone devancent aujourd’hui Paris, qui manque de sites adaptés à l’organisation de tels événements.
Paris possède trois sites majeurs d’expositions occupés toute l’année : Villepinte, le Bourget et Porte de Versailles. La création d’un ou deux sites de 2 000 à 3 000 places s’avère donc nécessaire, tout comme l’est la rénovation de la porte de Versailles.
Gilles Pélisson avance également l’idée d’investir quelques lieux d’exception parisiens tel que le Grand Palais pour l’organisation de congrès internationaux.
Les ambitions du Grand Paris sont aujourd’hui assez clairement définies. Les moyens nécessaires à la modernisation et à l’adaptation des infrastructures parisiennes qui permettraient à Paris de les atteindre sauront-ils être rapidement réunis ?
André Balbo
sources : La Tribune, Le Figaro, American Express

envoyer par mail
Imprimer la page