Ce mardi 16 août, les dirigeants allemands et français Angela Merkel et Nicolas Sarkozy vont se rencontrer à Paris dans l’après-midi. Cette entrevue pourrait être déterminante dans un contexte financier hautement incertain, marqué par les crises grecque, irlandaises et portugaises et la crainte de les voir "contaminer" des pays comme l’Espagne, l’Italie et même la France.
Bien que faisant partie des piliers de l’Europe et de la zone Euro, l’hexagone reste en effet sous la menace d’une dégradation de sa note sur le marché des emprunts mondiaux. Si elle est toujours tenante d’un triple A, garantissant grossièrement sa stabilité financière, la croissance nulle de son économie au deuxième trimestre et ses problèmes de déficit public tirent dangereusement le pays vers le bas.
Côté allemand, la situation est meilleure sans être brillante ; son statut historique et économique au sein de l’UE lui assure une position décisive dans toutes les prises de décision. Mais l’Allemagne ne veut pas devenir la vache-à-lait de l’Europe. Le 7 août dernier, Berlin se refusait à recourir à une augmentation du FESF, le fond européen de stabilité financière, pour alléger le poids de la dette en Europe. Dans le même ordre d’idées, le porte-parole de la chancelière allemande déclarait que la création d’obligations communes aux pays de la zone euro ne serait pas à l’ordre du jour de la rencontre de ce mardi. Angela Merkel ne veut pour l’instant pas entendre parler d’une telle initiative, qui permettrait selon des économistes de répondre à la crise de la dette par la solidarité économique entre les membres de la zone euro.
Concrètement, la création d’euro-obligations consisterait à émettre une dette commune à tous les États membres de l’Union Monétaire ce qui aurait pour conséquence d’uniformiser les taux d’emprunt qui s’élèvent aujourd’hui à 2.3% pour l’Allemagne contre 14.8% pour la Grèce. Cette mesure nécessiterait notamment un ajustement du fonctionnement des organisme économiques de l’UE, ce qui explique peut-être le peu d’enthousiasme de Berlin sur la question.
"Rien de spectaculaire"
Que peut-on donc attendre de cette réunion Merkel-Sarkozy ? "Rien de spectaculaire" déclare un porte-parole du gouvernement allemand qui entend bien calmer l’état de tension des acteurs boursiers. L’objectif pour le moment est de mettre en place des mesures préventives et "éducatives" visant à éviter autant que possible de nouvelles crises aussi graves que celle que rencontre la Grèce. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devraient donc se contenter d’évoquer en profondeur la création d’un système de surveillance des politiques budgétaires des pays de l’Union Monétaire ainsi que la mise en place et la détermination du rôle de l’eurogroupe - soit la réunion mensuelle des ministres de l’économie et des finances de la zone euro.
Dans le meilleur des cas, la conférence de presse qui aura lieu à l’issue de la rencontre devrait calmer et rassurer au moins momentanément les marchés financiers. Cela devrait également permettre au président français de gagner du temps, en attendant son prochain grand rendez-vous le mercredi 24 août avec l’annonce très attendue des mesures prises par le gouvernement pour réduire le déficit public national. Nicolas Sarkozy rencontrera d’ailleurs dès ce midi le premier ministre François Fillon afin de préparer cette annonce. Les prochaines semaines risquent d’être déterminantes pour le président français alors que la course à la présidence a déjà commencé dans toute la largeur du spectre politique.

envoyer par mail
Imprimer la page