Votre Marseille à Vous ? 
27 octobre 2011

Rencontre avec...Sarah Carrière-Chardon, PechaKucha

 



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Quand je suis arrivée à Marseille, la première soirée à laquelle je suis allée était une Pecha Kucha au Daki Ling, j’avais adoré l’atmosphère intime de cette soirée, les gens croisés, les créatifs qui présentaient leur travail... j’ai donc eu très envie d’aller à la rencontre de Sarah Carrière-Chardon, commissaire de la PechaKucha pour qu’elle me raconte cette aventure de la Pecha à Marseille et son Marseille.

Depuis quand vis-tu à Marseille ? :

Entre 2006 et 2007, j’ai eu une année de transition où je vivais entre Marseille et Tokyo et me suis véritablement posée à Marseille en 2007. Nous nous sommes installés dans le quartier du Prado, très appréciable pour son accessibilité et la facilité des transports. Je profite avec mon fils de la proximité des parcs : Bagatelle, Magalone, Parc Chanot, Borely, et la Corniche en trottinette ou vélo…

La PechaKucha du 27 octobre ? :

J’ai invité le Waaw, qui a cette même envie et energie que la PechaKucha de monter des réseaux, de se faire le porte-voix des artistes et créatifs au niveau local. Nous avons partagé pour cette 17e édition, le travail de programmation et le Waaw a ouvert cette Pecha Kucha à des univers auxquels je n’aurai pas pensé et qui ouvrent de nouveaux horizons : Ils vont ce soir-là présenter leur concept, nous avons en commun le designer Maxime Paulet qui a pensé leur espace, et ils ont choisi d’inviter l’artiste John Deneuve, la graphiste Laurence Ravoux, et le duo Idéal Corpus.

Des lieux de prédilection ? :

La Pecha Kucha à Marseille depuis 2007 a investi différents lieux de Marseille : Le Daki Ling, sous les voûtes est la base hivernale de ce rendez-vous trimestriels, on s’y sent comme à la maison dans son espace intimiste sous les voûtes, Le MAC, Les Grandes Tables de la Friche (opération pour le Japon), ou encore au “cul de l’Opéra”, rue Francis Davso, (I Park Art Marseille), La Bergerie, La CCI – Chambre de Commerce et d’Industrie (dans le cadre d’une soirée pour la Croix-Rouge), La Boate, Art-o-Rama, La Cabane du Roucas ou La Buvette D*I*S*C*O* pour l’été….Nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux lieux, qui peuvent accueillir une moyenne des 400 fidèles de la Pecha mais aussi qui permettent à chaque fois d’accueillir un nouveau public que nous n’avons pas encore rencontré.

Au fait Pecha Kucha, qu’est-ce-que-c’est ?

La Pecha Kucha a été crééé en 2003 à Tokyo quand je vivais là-bas, je l’ai rapporté dans mes valises en juin 2007 à La Cartonnerie avec le même format initialement créée par le Cabinet Klein & Dytham Architecture : 20 images projetées chacune pendant 20 secondes, chaque invité dispose donc de 6mn40 pour expliquer son projet . Ce format permet des soirées à un rythme soutenu et tenir le public en haleine. Aujourd’hui, on compte plus de 400 Pecha Kucha dans le monde.

Chaque session accueille 10 à 12 artistes, architectes, designers, graphistes mais j’ouvre également à d’autres secteurs de créations : photographie, mode, danse contemporaine, art contemporain, édition). Quand je suis arrivée avec la Pecha en 2007, il y avait à Marseille énormément de créateurs, de galeries, mais peu d’endroits pour des rendez-vous professionnels, ces soirées se sont montées avec des bouts de ficelles, de bonnes énergies, et le public est venu naturellement par le bouche à oreille (jamais de flyer, d’affiches, ni de cartons d’invitation, tout se fait par mail et sur les réseaux sociaux). Ces Pecha Kucha marseillaises ont générées de belles rencontres et de nombreux effets secondaires : des retombées presses, des collaborations croisées, et aujourd’hui, des créatifs qui se sont rencontrés reviennent présenter leur projet commun. Les artistes ayant participé à une des PechaKucha deviennent automatiquement résidents et peuvent postuler pour une des Pecha Kucha dans le monde. A Marseille, j’ai donc l’occasion d’accueillir aussi ces résidents, et nous avons reçu des créatifs du Japon et de l’Allemagne.

Qu’aimes-tu à Marseille ? :

Marseille est une ville pleine de talents, une ville en devenir. Aujourd’hui à Marseille, nous comptons quelques 200 résidents pour la PechaKucha, et il y a encore de nombreux créatifs à faire venir sur scène….

La nature est juste là à côté, la mer, les calanques, mais en même temps, le TGV est devenu mon deuxième bureau et me permet d’aller travailler régulièrement à Paris, et de rapporter des idées et des créatifs…

Ce que tu n’aimes pas à Marseille ? :

La difficulté de monter des projets, de tenir dans la durée, et pourtant nous en sommes à 17e édition…

Des lieux, des soirées à Marseille ? :

La Passarelle pour son petit jardin urbain, et ses petits plats, le Café des Epices, les pâtisseries de Sylvain Depuichaffray, les jeudis d’Oogie, La Dame Noir, La Bergerie, le Waaw aussi pour leur concept : une bonne assiette, un immense tableau noir avec des actus, un site qui relaient les informations culturelles sur Marseille. Et puis, aussi par exemple, Les AKolytes (à côté des Catalans), son mur végétal, et tenu par une équipe toute jeune et pleine de talent qui s’est faite accompagnée par des graphistes pour faire de leur lieu une petite perle.


derniere modification: jeudi 27 octobre 2011, par Anne Chambrillon, crédit photo : © Laure Melone