Un restaurateur vient encore d’innover ! L’élégant et éthique tenancier du restaurant plutôt chic des Jardins de Bagatelle, Franck Rigaud, dans le but de s’attacher les services de trois de ses onze employés sans-papiers travaillant à la plonge et en cuisine, en avait fait, le gros malin, des auto-entrepreneurs !
Le chevalier blanc a été cette fois encore la CGT (peu d’organisations accompagnent encore les sans-papiers dans leur tracas), CGT qui avait emmené hier matin, le 17 mars 2010, une centaine de sans-papiers envahir l’établissement.
Apparemment bien lui en a pris, puisque "la direction (à cette occasion) s’était engagée à remplir les formulaires pour les demandes de régularisation (...) et à signer des CDI à tous."
"Les Échos" ont pu consulter le dossier d’un des salariés concernés. Auparavant simple plongeur, il était devenu "cleaner", avec, au passage, une économie de cotisations patronales pour l’employeur.
Faites-vous plaisir, informez-vous sur le sujet et allez voir ces 3 émouvantes minutes du très-court métrage révoltant fait par le collectif des cinéastes pour les "sans-papiers".
Le jour même de la révélation honteuse de cet événement au restaurant des Jardins de Bagatelle, le gouvernement se félicitait du chiffre record de créations d’entreprises (57 748 en février... dont 35 802 en auto-entreprises). Pays de rêve...
Cette affaire soulève quelques problèmes. Elle montre d’abord que le danger d’une substitution entre salariat et autoentrepreneur existe, avec d’ailleurs son lot de manque à gagner pour les régimes sociaux de salariés. On peut rappeler aussi que les juges requalifient le "faux travail indépendant" en travail dissimulé.
André Balbo
Sources : Libération, Les Échos

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