Être gouvernés par des communicants devient décidément de plus en plus rigolo. Nous entrons dans une redoutable période de rigueur, sans que jamais aucun de nos dirigeants n’en prononce le mot.
Et maintenant le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux rétablit et développe la police de proximité sans même effleurer ce concept parce qu’il avait été mis en pratique sous le gouvernement socialiste Jospin en 1997. Des unités créées par Lionel ? Donc supprimées par Nicolas Sarkozy à son arrivée à l’Intérieur en 2002, lui qui avait déclaré lors d’un discours prononcé à Toulouse, et demeuré gravé dans les annales, que la police ne devait pas servir « à organiser des matches de football » avec les jeunes de banlieue.
Et aujourd’hui, nageant dans une gravissime insécurité dont l’explosivité n’échappe à personne, ni en France ni à l’étranger, nous sommes en pleine novlangue et l’on nous sert d’euphémiques « éléments de langage ». Et pendant ces contorsions, l’heure tourne…
M. Hortefeux va ainsi augmenter le nombre des unités de police de proximité, pardon d’unités territoriales de quartier, les UteQ. Celles-ci furent, disons, restaurées par Michelle Alliot-Marie en 2008. Leur nombre, aujourd’hui de 34, passera très prochainement à 60.
De quoi s’agit-il plus précisément ? Et bien, les UteQ devront travailler dans les « zones sensibles ». Pour la droite, les UTeQ sont chargées de « missions de police, de voie publique, de surveillance ». Rien à voir donc avec leurs prédécesseures. Aujourd’hui, Brice Hortefeux considère leur bilan comme positif et il entend augmenter l’importance de ce dispositif.
Pour Claude Bartelone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis (PS), « le gouvernement sort enfin de son entêtement idéologique ». « Le président de la République le reconnaît enfin, le traitement de la délinquance uniquement par des méthodes coup de poing ne marche pas ».
André Balbo
Source : Le Parisien

envoyer par mail
Imprimer la page