Les députés ont donc instauré une nouvelle taxe de 2% pour l’ensemble des nuitées d’hôtels dont le prix est supérieur à 200€.
Alors que dans une version antérieure les établissements de luxe étaient spécifiquement visés (les 4 et 5 étoiles, surnommés « palaces »), dans la mesure qui vient d’être adoptée, seul le prix fait critère. Ainsi, croit-on, le classement des établissements en cours ne sera-t-il pas trop remis en cause.
Évidemment, les critiques des hôteliers, des experts et des professionnels du secteur touristique ne se sont pas immédiatement tues parce que le vote a eu lieu… Ainsi un haut responsable d’Accor trouvait-il que l’on mélangeait « des Mégane et des Bentley, des établissements facturant la nuitée à 200€, et des hôtels de luxe à 1 000€ la nuit. (…) Cet amendement est difficilement applicable. (…) L’hôtellerie moderne fonctionne avec des prix qui varient… Cette mesure n’incite-t-elle pas à la fraude ? »
Même si appliquée à un prix de nuitée de 200€, le surcoût ne serait « que » de 4€, on sait bien qu’à Paris le prix de certains 3 étoiles atteint facilement ce montant. Or, la réforme en cours de la classification hôtelière en France, initiée par l’ancien secrétaire d’État au tourisme, Hervé Novelli, visait à la tirer vers le haut afin de mieux défendre la place de première destination touristique mondiale de notre pays, en nombre de visiteurs, mais également de dépasser l’Espagne, deuxième derrière les Etats-Unis, en termes de recettes.
Dans les marchés très disputés des foires, congrès et séminaires, la compétition de Paris contre Barcelone vient peut-être de connaître une inclination.
Quant à la clientèle des hôtels de luxe et des palaces, j’avoue avoir une certaine difficulté à imaginer si ce nouveau principe de tarification aura ou non des effets sur elle.
Ce dont nous pouvons être relativement certains, c’est que l’hôtellerie n’étant pas uniquement de l’hébergement, il est hautement probable que les calculettes fonctionnent maintenant à plein et que le mistigri de la valeur du 2% se posera certainement dans le service offert par l’hôtellerie… le plus accueillant.
André Balbo
sources : Les Échos, Accor

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