Appelez le 0 800 00 46 46 pour faire effacer les graffitis qui couvrent vos murs extérieurs. Ce numéro de téléphone gratuit est fait pour les Parisiens, dont boutiques, rideaux de fer et immeubles sont parfois submergés d’inscriptions et de dessins, certains parfois même talentueux, mais il n’empêche que l’on peut comprendre que l’on soit parfois submergé, agacé par la multiplicité, la répétition, le systématisme, en un mot, l’envahissement.
L’entreprise HTP, prestataire de la Ville de Paris, n’interviendra que sur les graffitis visibles dans la rue. Cela représente annuellement un budget de l’ordre de 500 000€.
La vente des bombes pour graffitis doit représenter à elle seule un marché considérable, puisque chaque année une superficie de plus de 190 000m2 de murs parisiens sont nettoyés de leurs tags par la société HTP.
La superficie couverte connait une véritable explosion, passant d’une année sur l’autre de 210 000 à 260 000m2 (près de +25% !). Certains graffeurs paraissent même être de vrais stakhanovistes, comme ceux signant Dion (à la verticale) ou Azoum, qui couvriraient à eux seuls 3 000 à 4 000m2, répartis sensiblement sur l’ensemble du territoire parisien, poussant même le fer jusqu’à des quartiers jusqu’alors réputés tranquilles sur ce plan-là, comme Rome et Villiers.
Certains quartiers sont davantage touchés que d’autres. Pour des raisons politiques, revendicatives, esthétiques, narcissiques ou de petits commerçants de produits illicites. On retrouve là le Nord-Est de Paris, les XIe, XXe, XVIIIe, et bizarrement une grande partie du centre de Paris, comme le Ier vers Châtelet, le IIe vers Saint-Denis, la totalité du IIIe, et 3/4 du IVe.
Faut-il s’interroger sur la qualité artistique d’un dessin avant d’appeler ? Faut-il sauver de futurs probables Basquiat, dont l’exposition au musée d’art moderne de la Ville de Paris remporta un si grand succès ? C’est à vous de juger, en votre âme et conscience, sur la difficile échelle du chef-d’oeuvre, du beau, il me parle quand même un peu, il m’énerve, c’est intolérable, je ne supporte plus.
Toutefois il est vrai aussi que certains immeubles paraissent parfois ne tenir plus que par ces superpositions de couches de peintures...
André Balbo
sources : HTP, Le Parisien

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