Comme prévu, la rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président Français Nicolas Sarkozy sur la crise économique qui secoue l’Europe a débouché sur des propositions préventives en deça des espérances des intervenants politiques.
Le porte-parole allemand nous avait prévenus : il ne fallait « rien attendre d’extraordinaire » de cette réunion du mardi 16 août. Dans un contexte financier précaire, où la zone euro est tirée vers le bas par des États en pleine crise comme la Grèce sans que les locomotives économiques que devraient être l’Angleterre, l’Allemagne ou la France ne parviennent à inverser la tendance, les divers acteurs du monde politique et financier européen attendaient malgré tout beaucoup de ce sommet.
Comme prévu, il n’a pas été question, du moins officiellement, de mettre en place des euro-obligations - soit la mutualisation de la dette des pays européens dans des eurobonds afin de permettre aux pays en difficulté d’emprunter à taux raisonnables - pourtant considérés comme la solution la plus efficace pour sortir de la crise par nombre d’observateurs.
Comme prévu, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont contentés en conférence de presse de proposer la mise en place d’une gouvernance économique commune de la zone euro et une taxe sur les transactions financières. Soit des mesures de prévention et d’éducation qui n’influeront pas immédiatement la situation des marchés financiers, si ce n’est en anesthésiant momentanément les tremblements nerveux des investisseurs.
Comme prévu enfin, cette conférence de presse conjointe de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel a donné naissance à toutes sortes de réactions dans le paysage politique français, avec à l’extrême droite un euro-scepticisme toujours plus tenace, à droite une obéissance de petit soldat et à gauche une critique de principe et de circonstance préparée à l’avance.
Voici un florilège des plus belles indignations/autosatisfactions :
Marine Le Pen (Front National) révélait avec malice et entrain le véritable enjeu de la réunion, à savoir « décider combien de nouvelles dizaines de milliards d’euros la France et l’Allemagne verseront pour tenter de renflouer les pays victimes de l’euro. En panne sèche de croissance, la France et l’Allemagne préparent ainsi leur propre surendettement, c’est irresponsable ».
Jean-François Copé (UMP) a de son côté dû confondre la réunion Sarkozy-Merkel avec l’appel aux peuples civilisés d’Einstein en 1933 lorsqu’il qualifie la décision du couple franco-allemand de « courageuse et historique ».
Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche) a su mettre sa verve en valeur avec une déclaration fracassante sans véritable objet : « Pour eux [Angela Merkel et Nicolas Sarkozy], le système financier n’a aucune responsabilité dans la crise et seuls les peuples sont coupables. La prétendue "règle d’or" imposée à tous les Etats européens serait pour nos économies des semelles de plomb »
Enfin Martine Aubry (PS) a préparé en légère avance sa liste au Père Noël dans un communiqué émouvant : « J’attendais une proposition sur les eurobonds, comme nous le proposons pour mettre en commun la dette, j’attendais le doublement du fonds européen et des mesures pour relancer la croissance ».

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