Le prophète Jacques Chirac avait annoncé en 1988 que l’eau de la Seine s’améliorerait, s’engageant même, … d’une tranquille assurance, à prouver à tous sa confiance par l’exemple : en piquant personnellement une tête dans la Seine !
Une relative amélioration il dut bien y avoir, puisque les poissons sont passés de 21 espèces à 45 aujourd’hui. Mais rappelons que tous ces poissons, par arrêté préfectoral, sont interdits à la consommation comme à la vente ! Et cela pour de multiples raisons, toutes d’ordre environnemental et peu ragoûtantes.
Le ministère de la Santé nous dit que « la qualité bactériologique de l’eau ne satisfait pas, et de loin, aux exigences requises ». Braver l’interdiction de baignade vous exposerait au choix, mais cela peut aussi se cumuler, à une gastro-entérite, à des affections ORL, ou à la leptospirose.
Et quand bien même l’eau serait d’une pureté cristalline, la préfecture de police de Paris maintiendrait l’interdit de baignade du fait de la densité du trafic. Certains endroits trop étroits ne permettent même pas le croisement de deux bateaux. D’autres dangers guettent. La Seine n’est qu’apparemment un fleuve tranquille. Rappelez-vous que les « mégisseurs » s’étaient installés face au pont Neuf du fait des courants forts et des tourbillons qui dispersaient les pestilences.
Rien ne vous arrête ? Ni les bactéries, ni les boues de PCB, ni la taille considérable des silures et des anguilles ? Sachez encore que chaque année quelques dizaines de personnes sont prises sur le fait. Elles furent 42 l’an dernier. Cela coûte une amende qui peut aller jusqu’à 38€ et une convocation chez le juge de proximité.
Enfin j’ai quand même connu quelques bacheliers et universitaires d’allures pourtant tranquilles, plonger dans ces eaux-là pour arroser une victoire inespérée ou trop attendue.
J’ai moins bien compris en revanche les organisateurs du triathlon qui firent plonger de jeunes athlètes (les 17 et 18 juillet 2010) ... qui ne leur avaient certainement rien fait. De quel suivi médical bénéficieront-ils ? Je parle des athlètes, pas des organisateurs.
Pour conclure, si l’idée vous travaillait encore, je ne saurais que trop vous conseiller de patienter encore quelque temps. Une piscine flottante en bord de fleuve a été inaugurée en 2006 à cet effet. Elle vous attend.
Et puis, il y a Paris-Plages !
André Balbo
Source : Le Parisien

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