Dans une étude de l’InVS, publiée dans The Lancet Infectious Diseases, « on estime en France à environ 8 500 le nombre de nouvelles contaminations par an, sachant que la moitié (48%) concerne les homosexuels ».
Le Dr Caroline Semaille, responsable de l’unité VIH-Sida à l’InVS et co-auteur de l’étude, remarque : « Nous savons qu’entre 13 à 18% des gays sont infectés par le VIH, ce qui est énorme puisqu’il s’agit de la prévalence observée en Afrique du Sud, où l’épidémie est majeure (elle est de 0,23% en France). »
« Si les gays sont les plus concernés, c’est parce qu’ils prennent plus de risques que les autres en ayant des rapports non protégés, d’autant qu’ils ont en général plus de partenaires. Et parce qu’en elle-même, la pratique sexuelle des homosexuels hommes est plus contaminante que celle des hétéros ».
Dans le Figaro, Caroline Semaille précise que cette spécificité ne serait pas française. Le même constat serait fait dans les autres pays européens comme aux Etats-Unis.
Selon les résultats de cette étude, le nombre d’infections nouvelles par le VIH a nettement diminué en France, toutes populations confondues. « On comptait 8 930 personnes récemment contaminées en 2003, contre 6 940 en 2008, soit une baisse de 3,7%/an en moyenne. Mais la sous-population homosexuelle masculine résiste à cette tendance, en maintenant un taux de contamination élevé [mais stable]. 1% des homosexuels masculins a contracté le VIH en 2008, contre 0,009% des hétérosexuels ».
Les chercheurs estiment qu’il y a 200 fois plus de contaminations dans la communauté gay que chez les hétéros, si l’on compare les tailles des populations concernées. Serait en cause notamment un relâchement dans une partie de la population homosexuelle en ce qui concerne le port du préservatif.
Il « reste à savoir si le plan national Sida 2010-2014, dont la présentation est attendue en octobre, reflètera l’inquiétude suscitée par ces chiffres. A l’heure actuelle, il semble difficile d’imaginer une mesure particulière permettant de réduire la contamination chez les homosexuels, car il s’agit d’une population déjà bien suivie et très sensibilisée au VIH », rappelle Stéphane Le Vu, co-auteur de l’étude.
L’association Act Up réclame de son côté une prévention mieux ciblée, en particulier vers les petites villes, et Caroline Semaille souligne quant à elle qu’ »il faut améliorer le dépistage ».
Le Parisien, commentant l’étude de l’InVS, relève que le Lancet n’hésite pas à parler « d’épidémie hors de contrôle en France chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ».
André Balbo
Sources : The Lancet, Information hospitalière, Le Parisien, Le Figaro

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