Semaine du micro crédit du 7 au 14 juin 2011

par Philippe Douay, 8 juin 2011

"Sur trois entreprises fondées grâce aux micro crédit, un emploi est créé."

A l’occasion de la 7e édition du microcrédit, organisée par
l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), sa nouvelle présidente, Catherine
Barbaroux, revient sur ce dispositif.

L’association, créée en 1989 par Maria Nowak, a financé
plus de 97.000 microcrédits. Elle a permis à des personnes exclues du système bancaire
classique de créer leur entreprise.

La semaine du microcrédit de l’Adie a lieu du 7 au 11 juin.

En quoi consiste-t-elle ?

Cette 7e édition permet de rencontrer des clients potentiels. C’est l’occasion pour l’Adie d’aller sur le terrain.

Quels publics font appel à l’Adie ?

Environ 40% de notre public est au chômage, 25% vient de quartiers bénéficiant de la politique de la ville.

Quels types d’entreprises sont créés par les bénéficiaires du microcrédit ?

Il s’agit principalement d’entreprise de commerce, de services à la personne et de bâtiment.

En moyenne, quel montant empruntent vos clients ?

Le montant moyen de nos prêts s’élève à 3.000 euros. Le premier emprunt octroyé par l’Adie ne peut dépasser 2.000 euros. Si nous sentons que l’activité démarre bien, nous pouvons réaliser d’autres développements. L’idée n’est pas de financer les entreprises qui vont bien mais de réintégrer les créateurs dans le circuit bancaire classique.

Pour quelle réussite ?

Nous sommes dans la norme des autres banques pour la pérennité des entreprises financées.

Au bout de deux ans, 69% sont encore là et 59% après trois ans. Surtout, le microcrédit permet de créer 1,38 emploi par entreprise . Cela veut dire que sur trois entreprises fondées grâce au microcrédit, une génère un emploi salarié en plus de celui du créateur. Il y a cinq ans, ce chiffre s’élevait à 1,2 emploi. Nous avons l’exemple d’une personne qui a fondé son entreprise grâce au microcrédit il y a dix ans et qui emploie désormais plus de 500 personnes. Bien sûr, cela
reste exceptionnel mais il n’est pas rare que certaines sociétés salarient une dizaine de personnes.

L’Adie prête avec un intérêt de 9,71%. Ce taux est parfois l’objet de critiques, certains le trouvant trop élevé.

Oui, mais nous devons répondre à plusieurs problématiques. Nous devons d’abord emprunter pour prêter. Cela nous coûte 2,5%. Ensuite nous prenons un fonds de garantie, à un taux similaire. Nous n’appliquons pas de frais de dossier mais avons aussi des coûts de fonctionnement. Un microcrédit nous coûte en moyenne 1.600 euros. Nous essayons de garder une marge d’autofinancement pour ne pas dépendre uniquement des subventions. Il faut aussi
savoir que nous accompagnons gratuitement les créateurs dans leurs démarches et que la plupart obtiennent d’autres aides, qui abaissent ce taux.

Le microcrédit a-t-il été touché par la crise ?

Nous avons signé l’an passé 12 200 microcrédits. Pour la première fois, ce chiffre est en baisse. Nous avons senti un peu trop d’optimisme sur certains projets et avons freiné la production. Surtout, nous avons connu une hausse du taux d’impayé. De 6% en temps normal, il est passé à 8/9% en 2010. Il tend à diminuer aujourd’hui.

Vous êtes présidente de l’Adie depuis mars 2011. Vous avez déclaré vouloir doubler l’activité en cinq ans et relancer la production. L’association connaît un passage à vide ?

La crise nous a secoués. Pour la première fois l’activité a diminué en 2010. Bien entendu, la conjoncture économique joue. Mais nous observons aussi une baisse des dispositifs de soutien
à la création d’entreprise de la part des pouvoirs publics. Une augmentation des aides
pourraient permettre à l’ensemble des acteurs de mieux s’impliquer. Nous avons identifié
environ 150.000 personnes que nous pourrions accompagner. L’Adie représente 98% du
microcrédit en France. Nous avons donc une marge de progression.

Que pensez-vous du régime de l’auto-entrepreneur ?

C’est une bonne chose même si ce régime ne représente que 30% de nos clients. Il a permis
une simplification de la création d’entreprise. Sa fiscalité est aussi intéressante : ne payent que
les personnes qui réalisent des bénéfices. J’y apporte cependant quelques nuances. Le salariat
déguisé tout d’abord, mais ce n’est pas ici mon propos, et le manque d’accompagnement.
Beaucoup de gens ont cru qu’il suffisait d’un clic sur Internet pour devenir entrepreneur. Le
dispositif gagnerait à être mieux accompagné.

Source ADIE

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Dernière modification : mercredi 8 juin 2011, par Philippe Douay, photographe Adie
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