Les élections sénatoriales de septembre 2011 resteront dans l’histoire de la France comme celles de la première victoire de la gauche. Alors que le président du Sénat sera connu dans la semaine, la gauche a déjà réalisé sa révolution en devenant majoritaire au Palais du Luxembourg pour la première fois dans la Ve République. Dans la petite histoire des sénatoriales parisiennes, l’élection de Pierre Charon parvient à éclipser la belle performance de la liste Jean-Pierre Caffet (PS) (8 sièges contre 3 à droite et un au centre) dans la capitale.
A Paris, on ne fait rien comme les autres, c’est en tout cas ce qu’a dû se dire Pierre Charon, 60 ans, consultant en communication - notamment auprès d’Endemol - au moment de lancer sa liste UMP dissidente face à celle de la ministre Chantal Jouanno. Vexé de n’être pas à la place qu’il pensait mériter sur la liste officielle, il avait lancé sa propre campagne tout en assurant ne pas agir contre son ami Nicolas Sarkozy. Cela ne sera pas suffisant pour lui éviter d’être exclu de l’UMP. Entre Charon, Jouanno, Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement et patron de la fédération UMP de la capitale, et le secrétaire du Parti François Copé, la guerre des mots faisait des ravages. « Qu’elle soit sur les tatamis ou au lit, elle est tête de liste », avait déclaré Pierre Charon à propos de l’ancienne judokate, ce qui n’avait rien fait pour arranger son cas. « Voter Charon, c’est voter communiste », avait déclaré Philippe Goujon, avec tout autant de finesse, avant d’assurer que son élection était mathématiquement impossible...
L’élection de Pierre Charon n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour l’UMP parisienne, puisque la gauche en profite pour se renforcer. La liste de Chantal Jouanno ne conserve que deux sièges et la sénatrice sortante Catherine Dumas est battue. Outre le centriste Yves Pozzo di Borgo, les autres sièges seront occupés par cinq socialistes, deux écologistes et un communiste.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë s’est félicité de ces résultats qu’il considère comme « un échec personnel » de François Fillon, le premier ministre envisageant de briguer au poste de maire lors des prochaines municipales de 2014. Delanoë a aussi affirmé qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession, et qu’il tenterait de passer le relais à sa première adjointe, Anne Hidalgo.
Les élus à Paris :
UMP : Chantal Jouanno et Philippe Dominati
UMP dissidente : Pierre Charon
Nouveau Centre : Yves Pozzo di Borgo
Parti Socialiste : Jean-Pierre Caffet, David Assouline, Bariza Khiari, Marie-Noëlle Lienemann, Roger Madec
Europe-Ecologie : Leila Aichi et Jean Desessard
PC : Nicole Borvo Cohen-Seat

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