Alors que les pronostics annonçaient que le marché immobilier sur Paris et sur l’Ile-de-France connaîtrait un très fort recul des prix de vente pour les logements anciens, les statistiques des notaires d’Ile-de-France, rendues publiques aujourd’hui jeudi 25 février, indiquent que les prix, déjà repartis à la hausse, ont réduit sur un an ce recul à -5,6 % (- 4,5% pour les appartements, -7,5% pour les maisons). Première baisse depuis 1997.
Après l’effondrement du nombre des ventes de l’automne 2008 au premier semestre 2009, les acheteurs auraient retrouvé le chemin des agences, avec 145 310 transactions pour l’année 2009, soit 8% de moins qu’en 2008 et 23% de moins que le record de 2007.
Le 4e trimestre a été particulièrement dynamique (+44% par rapport au trimestre correspondant de 2008, au pire de la crise), ce qui a compensé la léthargie du début d’année.
Au bilan 2009, de fortes disparités apparaissent en Ile-de-France : -19,6% à Saint-Maur-des-Fossés, -16% à Colombes, -12% à Antony. L’ampleur des baisses est plus importante encore en grande Couronne : -24% à Herblay, -20% à Sartrouville…
« Nous prévoyons, en 2010, une poursuite du redressement des ventes et une stabilité des prix, sous réserve que les conditions d’accès au crédit demeurent favorables », commente Jean-François Humbert, président de la Chambre des notaires de Paris Ile-de-France.
Les économistes de la Fnaim s’attendent, eux, à un mouvement des prix entre -3% et +3%, tandis que ceux du réseau d’agences Century21 misent sur une augmentation de +3%. Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de la banque HSBC, évalue de son côté une baisse de 4%.
Quant à Sébastien de Lafond, de Meilleursagents.com, réseau de 300 agences, il choisit la prudence en annonçant une variation comprise entre -5% et +5%. « Le marché de la fin de l’année a été dopé par les acheteurs de petites surfaces, primo-accédants ou investisseurs fuyant la volatilité de la Bourse, mais, après cette courte flambée, les prix repiquent du nez. »
Au bout du compte, depuis 1999, Paris a gagné 210%, certains quartiers faisant bien mieux, comme ceux des Enfants Rouges, près de la République (+248%), de Belleville (+237%), ou de la Goutte d’Or (+228%).
Les quartiers chics se sont nettement moins appréciés, tels Auteuil (+131%), La Muette (+139%), Saint Thomas d’Aquin (+167%), où le prix moyen du mètre carré atteint tout de même 10 800€…
Pour le couple Pinçon, sociologues scrutateurs et fins étalonneurs des populations parisiennes, l’homogénéisation de tous les quartiers de Paris se ferait globalement par le haut, mais la ségrégation toucherait désormais les classes moyennes, dont le seul refuge serait le parc social (17% des logements parisiens).
André Balbo
Source : Le Monde
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