Roselyne Bachelot, ministre française de la santé et des sports, a annoncé le 19 juillet, à l’occasion de la Conférence internationale de Vienne sur le sida, les grandes lignes du Ve plan national de lutte contre le sida. Et elle n’a pas été zappée par les représentants de Aides, Act Up et Sidaction.
« On compte, en France, 7 000 à 8 000 nouveaux cas d’infection par le VIH chaque année ; 40 000 à 50 000 personnes sont infectées sans le savoir, et pour 1 personne sur 5, le diagnostic est trop tardif. C’est donc une inflexion forte que nous devons donner à notre politique de santé publique pour casser définitivement l’épidémie », a-t-elle déclaré.
Une campagne sera lancée avant la fin 2010. Son objectif sera de « banaliser le dépistage ».
Concernant les groupes à risque, dont les homosexuels, elle a précisé : « Dans ce cadre, je souhaite que, dès 2011, au moins 10 centres de dépistages, réalisés par des non-professionnels de santé, puissent ouvrir en France en bénéficiant de financements pérennes ».
Un tel dispositif permettrait selon elle « d’aller à la rencontre de personnes qui n’acceptent pas forcément notre système de soins ».
Les premiers résultats de l’essai Com’test, réalisé par l’association Aides, en partenariat avec l’ ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida), montrent que près de 40% des personnes dépistées dans ce cadre n’avaient pas fait de dépistage depuis plus de 2 ans.
Pour Bruno Spire, président d’Aides, « C’est une très bonne nouvelle ».
Au sujet des Centres de consommation supervisés pour les usagers de drogues, adoptés par 8 pays dans le monde (dont Suisse, Allemagne et Pays-Bas), Roselyne Bachelot a déclaré qu’elle allait « engager une concertation avec tous les partenaires concernés, notamment les collectivités locales ». Il n’est plus question d’ouvrir des « salles de shoot », mais d’en discuter.
André Balbo
Sources : ministère de la Santé, France Inter, Le Monde, Libération

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