Depuis 1991, la recherche scientifique a effectué en 20 ans des avancées révolutionnaires en matière d’immunologie. Elle se dirige maintenant, vers des progrès sans précédent dans la lutte contre le VIH.
Depuis 1980, date de la découverte du mystérieux virus de l’immuno-déficience humaine (VIH) – à l’époque, le LAV ("lymphadenopathy associated virus"), le Sida (syndrome de l’immuno-déficience acquise) a ravagé la planète avec des dizaines de millions de décès. Cette maladie est l’une des plus graves dans l’histoire de l’humanité : 30 ans de VIH, 30 millions de morts.
Parallèlement, les avancées en matière d’immunologie n’ont jamais été aussi grandes. À tel point que la recherche médicale s’oriente vers une possible éradication progressive de ce rétrovirus. Trente années de lutte qui aboutissent à de nouveaux résultats, prolongeant de manière durable la vie des malades et permettant aujourd’hui une procréation bien contrôlée et fiable. Maintenu dans une charge virale indétectable avec un compte de CD4 de plus de 500 T4, permet aujourd’hui de vivre toute sa vie comme le commun des mortels. Mais l’observance et la prise en charge de sa santé et de son hygiène de vie, sont des conditions incontournables à ce progrès. L’histoire de la recherche vers des progrès de la science continue, des chercheurs qui maîtrisent de mieux en mieux l’identité et le comportement de ce virus.
Les années 90, un tournant historique dans la lutte contre le VIH
En 1987, la commercialisation en France de l’AZT (un antirétroviral) est une première lueur d’espoir pour les malades. Ce tout premier traitement, aujourd’hui arrêté en raison des effets secondaires douloureux, engagea, en 1990, les essais cliniques vers les trithérapies. Ritonavir, lopinavir, raltégravir, etc., sont aujourd’hui des médicaments plus perfectionnés, sous blister ( et ne nécessitant plus le stockage des médicaments au frigo) et mieux dosés, avec des effets secondaires minorés, à condition de respecter strictement les règles d’observance et d’hygiène de vie.
Atripla, Quad..., derniers nés des molécules de co-formulation de plusieurs antirétroviraux "deux voir quatre en un", offrent un confort récent, et illustrent les progrès dans la modernisation et la simplification des traitements, tout comme certaines monothérapies conditionnelles. Mais à ce jour, la maladie ne se guérit toujours pas et reste donc mortelle sans traitement.
Vers l’espoir des vaccins et peut-être de l’éradication
Dans une perspective de soigner définitivement les malades et faire reculer le Sida dans le monde, les chercheurs, financés par des firmes et des instituts ou des laboratoires, ont engagé une lutte et parfois concurrence effrénée. Des laboratoires thaïlandais, en partenariat avec les laboratoires de l’Institut Pasteur en France, ont tenté en 2009 un tout premier vaccin mais qui reste très largement à optimiser... un nouveau vaccin en 2010 a été d’abord testé sur les singes, il apparaît déjà nettement plus efficace, à suivre...
En 2010, l’Afssaps a donné un nouveau feu vert : la société InnaVirVax vient de commencer en 2012 à tester en France, son vaccin thérapeutique Vac3S contre le sida sur plusieurs dizaines patients candidats. Ce vaccin ne vise pas à protéger les individus sains du virus VIH, mais à aider ceux qui ont déjà été infectés à mieux s’en défendre, ceux qui ont du mal à faire remonter leurs cellules de protection immunitaire CD4, une sous population lymphocytaire vitale. Ce vaccin est très prometteur, déjà testé sur les animaux avec un excellent résultat, il sera très probablement un succès sans précédent. Attention son évaluation nécessite du temps, il devrait être commercialisé dans environ 5 ans et d’autre part ce vaccin nécessitera pour le moment l’obligation de continuer son traitement.
Par ailleurs, les nouvelles recherches actuelles menées en France et aux Etats-Unis, essais par injection dans les réservoirs, -(ces fameux sanctuaires de l’organisme humain dans lequel le rétrovirus se retranche contre les traitements qui ne peuvent l’atteindre dans ces zones), sont des voies possibles vers l’éradication. L’idée également d’irradier, dans un but thérapeutique, les patients infectés par le VIH refait surface, à travers par exemple l’administration de "radiophosphore 32"... et bien d’autres produits et ou stratégies sont à l’étude comme la pose d’un patch ou des injections, question de temps mais aussi d’argent...
En conclusion, Les nouveaux traitements antirétroviraux améliorent notablement la santé des patients. Plusieurs stratégies nouvelles sont lancées : éliminer la réplication résiduelle du VIH en intensifiant la trithérapie avec des antirétroviraux supplémentaires ; éliminer les cellules réservoirs (les cellules latentes) ; rendre les cellules résistantes au VIH ; favoriser des réponses immunitaires efficaces contre le VIH, et voir un jour venir la possibilité d’une éradication. A ce titre et dans une perspective de stopper la maladie et la contamination dans le monde, Onusida et les associations ont décrété l’objectif Zéro.
Mais les crédits se réduisent et les États se désengagent, alors que la recherche a besoin d’argent pour avancer plus vite. Le Sidaction demeure plus que jamais d’actualité.
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