Histoire de Paris : quelles visites ?

Sur les traces de Frédéric Chopin à Paris

par Adele, 16 avril 2010

La ville de Paris propose les Balades du Patrimoine pour ceux qui souhaite découvrir ou redécouvrir les rues, les places et les édifices de la capitale.

Le Paris de Frédéric Chopin
Une balade romantique

Le 16 juillet 1831, Frédéric Chopin écrit à sa famille restée en Pologne « apprenez que j’ai fait viser mon passeport pour Londres »… Un passeport pour Londres qui toutefois mentionne « via Paris ».

Paris ! Lorsqu’il arrive dans la capitale, à l’automne, les sentiments de Chopin sont mitigés à l’égard des Français. Il leur conserve un ressentiment de n’avoir pas secouru les Polonais insurgés, maintenant écrasés par le joug russe, et dans le même temps, il est fasciné par la ville en effervescence. Les journées révolutionnaires de juillet 1830 ont ouvert une ère de prospérité et, plus encore, Paris devient le centre des courants artistiques nouveaux, le coeur du romantisme. « Sans doute resterai-je à Paris plus longtemps que je le pensais, non que j’y sois tellement bien, mais parce qu’il est possible que peu à peu, je parvienne à l’être » (Lettre à Kumelski, 18 nov. 1831). Vite, il rencontre Rossini, Cherubini, Paër « clef d’or de Paris », puis bientôt Kalkbrenner qui lui ouvre la voie des salons Pleyel. Il rejoint le monde des musiciens de sa génération : Mendelssohn, Liszt et Hiller. Ces rencontres décisives le placent sur le devant de la scène musicale et intellectuelle, et le précipitent aussi dans la vie mondaine, dans les salons où toute réputation se fait… ou se défait. Là, la magie opère, son génie autant que sa personne éblouissent et séduisent. Il est « lancé ». Paris sera la ville de tous les croisements, et des amours. Chez Liszt, il noue une des plus célèbres liaisons du siècle, avec George Sand (Aurore Dupin). Désormais, c’est à Paris que se construisent non seulement la vie, mais la gloire de Chopin.

Bibliothèque polonaise – Société Historique et Littéraire
6, quai d’Orléans Paris 4e
La Bibliothèque polonaise est un des lieux « Chopin » incontournable ! C’est là que sont conservés non seulement les souvenirs, mais l’esprit de l’immigration polonaise installée à Paris autour du général Karol Kniaziewicz, représentant du gouvernement insurgé expatrié après l’échec du soulèvement de Varsovie du 29 novembre 1830. Tout ce que la « Colonie polonaise » (F. Chopin) comptait d’influent a laissé une trace dans ces lieux. Aujourd’hui, on peut visiter le « salon Chopin » où des souvenirs intimes du compositeur sont conservés, mais aussi les collections Adam Mickiewicz, écrivain polonais, figure emblématique du romantisme polonais et professeur d’histoire slave au Collège de France. Il fut un des proches de Chopin et George Sand traduisit même quelques uns de ses poèmes.

De là on peut aisément traverser la Seine, pour se rendre à l’hôtel Lambert, autrefois demeure du prince Czatoryski. Ce patriote actif – réactivant sans cesse la « question polonaise » –, fondateur de la Librairie polonaise, de La Société Historique de la Pologne ainsi que de plusieurs instituts d’éducation pour les jeunes Polonais expatriés, donnait de somptueux bals et « fêtes de charité » auxquels participaient de nombreux artistes et intellectuels tels George Sand, Delacroix et Chopin.

Les arcades du Palais-Royal
Paris 1er
Sous les arcades du Palais-Royal se trouvaient de luxueuses boutiques où Chopin avait ses habitudes. Gants, chapeaux… sortaient des meilleurs faiseurs, qui conservaient ses mensurations. Ainsi il lui suffisait d’écrire à son fidèle secrétaire Julien Fontana pour qu’immédiatement les articles requis soient réalisés et expédiés à son adresse !

Le jardin des Tuileries
Paris 1er
Les Tuileries furent un lieu de promenade pour Chopin qui fréquenta également le Palais, incendié en 1871. Le musicien, invité par Louis-Philippe, s’y est produit une première fois en 1838. En signe de gratitude royale, il reçut un service à thé à l’effigie du souverain et de la reine. Il y revint une seconde fois, en décembre 1841, invité par le duc d’Orléans, et cette fois fut payé 100 francs or !

12, Place Vendôme
Paris 1er
C’est la dernière adresse de Chopin. Il s’y installe à l’automne 1849, dans un appartement confortable, donnant sur la cour exposée plein sud. Sa santé décline irrémédiablement. Dès le mois de juin, Chopin avait réclamé la présence de sa soeur Ludwika. Venue de Pologne, elle l’assistera jusqu’à la fin. En octobre, il peut à peine se soutenir, il ne peut plus jouer de piano ni même composer, et cherche « à se faire comprendre par des signes » (H. Berlioz). Tous ses amis et admirateurs se pressent pour le saluer, l’entourer de leur affection, mais tant d’opportuns, de curieux s’y mêlent que Guttman – élève et fidèle garde malade – est obligé d’y mettre bon ordre. Le 15 octobre, la comtesse Delphine Potocka, grande amie de Chopin, fait rouler le piano près du lit du mourant pour lui chanter des psaumes de Marcello. Le 17 octobre, à deux heures du matin, Chopin rend son dernier soupir. Quelques jours plus tard, en rangeant ses papiers, on trouvera à l’intérieur de sa veste, s’échappant de l’almanach pour l’année 1849, une lettre et une mèche de cheveux de George Sand, son unique amour.

Église de la Madeleine
14, rue de Suresnes Paris 8e
Le 30 octobre 1849, les funérailles de Chopin sont célébrées dans cette église. Conformément aux voeux du compositeur, le Requiem de Mozart est chanté à sa mémoire. Pour l’occasion, et par dérogation spéciale, des femmes sont admises à chanter dans le choeur, telle la célèbre cantatrice Pauline Viardot (la soeur de la Malibran) fidèle amie et admiratrice. La Marche funèbre a été harmonisée, et le Prélude n°4 – composé à Majorque – est joué au grand orgue par Lefébure-Welly. Plus de 3000 personnes viennent rendre un dernier hommage au compositeur.

Quelques jours après, sa soeur Ludwika regagne Varsovie, emportant avec elle le coeur de son frère qui, conformément à sa volonté, devait retourner en Pologne. Il est toujours depuis dans le carditaphe de l’Église Sainte-Croix de Varsovie.

Musée de la Vie Romantique
16, rue Chaptal Paris 9e

L’ancienne maison du peintre Ary Scheffer, est aujourd’hui dédiée au souvenir de la vie romantique particulièrement riche dans ce quartier de la Nouvelle Athènes. Ce peintre, ami de la génération des artistes romantiques de 1830, a laissé de beaux portraits de Chopin.

La demeure abrite de nombreux souvenirs de George Sand, légués par Aurore Lauth-Sand, sa petite fille. Ils illustrent l’art de vivre de la décennie 1830 à 1840. Le souvenir de peintres tels Géricault, Delacroix qui croisent Chopin et George Sand, mais aussi Liszt, Rossini, Tourgueniev… est encore évoqué au sein du fastueux atelier-salon.

Musée de la Vie Romantique
Exposition Frédéric Chopin. La Note bleue

Square d’Orléans
entrée 80 rue Taitbout Paris 9e
À la fin de juillet 1842, Chopin et George Sand quittent Nohant – dans le Berry – pour rechercher une maison à Paris. Charlotte Marliani, l’épouse du consul d’Espagne, leur avait signalé un nouveau lieu, le Square d’Orléans, bâti « à l’anglaise », c’est-à-dire autour d’une vaste cour, et par conséquent éloigné du bruit des rues, dans le quartier que l’on surnomme vite la Nouvelle Athènes. Séduits, ils signent deux baux. George habite au premier étage du n°5 et Frédéric, au n°9, dispose d’un petit appartement où il peut recevoir ses élèves et « faire de la musique ». Ils reviendront s’y installer à la fin de l’année. Chopin conservera cette adresse jusqu’en 1849 – avant son départ pour la rue de Chaillot, puis la place Vendôme.

Dans ce lieu et aux proches alentours vivent de nombreux amis artistes, tels le pianiste Kalkbrenner, le sculpteur Dantan, Mlle Taglioni, « Sylphide » des ballets de l’Opéra qui pour la première fois a dansé « sur les pointes » et les Marliani bien sûr… on y est « entre-soi » n’ayant qu’une cour à traverser pour se retrouver, se réunir, dîner chez les uns ou chez les autres. Pauline Viardot et son mari viennent en voisins dès que possible.

Les Salons Pleyel
9, rue Cadet Paris 9e
Paris est non seulement la capitale de la musique, mais elle est encore la capitale des facteurs de piano. Pas moins de 300 fabriques y sont installées. Pape, Erard et Pleyel se disputent les faveurs des meilleurs musiciens et rivalisent d’innovations techniques. C’est par le biais du grand pianiste et pédagogue d’origine allemande Frédéric Kalkbrenner, que Chopin rencontre Camille Pleyel. Alors, dans les vastes « salons Pleyel », Chopin est invité à donner son premier récital le 26 février 1832. Les comptes rendus de la soirée sont éblouissants : en quelques jours « Monsieur Chopin de Varsovie » accède à une célébrité qui ne se démentira pas. Il gagne aussi la solide amitié de Camille Pleyel.
« … si je me sens vaillant, disposé à faire agir mes doigts sans fatigue, sans énervement, je préfère les pianos de Pleyel. La transmission de ma pensée, de mon sentiment, est plus directe, plus personnelle. Je sens mes doigts plus en communication immédiate avec les marteaux qui traduisent exactement et fidèlement la sensation que je désire produire, l’effet que je veux obtenir. » (F. Chopin)

Ancienne salle de concert du Conservatoire
2 bis, rue du Conservatoire Paris 9e
La salle de concert du Conservatoire est un des hauts lieux de la musique du Paris Romantique. Entre 1832 et 1838, Chopin, malgré son aversion pour les concerts publics, s’y produisit. Mais c’est surtout là qu’il se rendait afin d’entendre les créations de ses contemporains. Berlioz y donna ses oeuvres, telle la Symphonie fantastique créée en 1830, puis Lélio, Harold en Italie, et enfin Roméo et Juliette. On pouvait encore y entendre Liszt ou Mendelssohn, sans oublier les symphonies de Beethoven sous la direction de François Habeneck.

Quoique fort restaurée, cette salle garde encore un aspect proche de celui d’origine.

Cimetière du Père Lachaise
15, boulevard de Ménilmontant Paris 20e
Le 30 octobre 1849, le corps du compositeur a été déposé dans un simple caveau (XIème division) et un peu de terre de son pays natal, qu’il avait toujours conservée dans l’urne qui lui avait été remise lors de son départ de Pologne le 2 novembre 1830, fut répandue. Peu de temps après, une souscription, présidée par le peintre Eugène Delacroix, avait été lancée afin de faire réaliser un monument. Entre autres, Pleyel, Franchomme, Albrecht et le peintre Kwiatkowski y ont contribué, sans oublier sa dernière élève Jane Stirling. Le monument, dont les sculptures sont dues au ciseau de Jean-Baptiste Clésinger, le mari de Solange Sand – fille de George Sand avec laquelle Chopin avait toujours conservé des liens d’affection –, est finalement inauguré le 17 octobre 1850, lors d’une émouvante cérémonie.

Au sommet du tombeau est placée Euterpe – muse de la musique – qui, éplorée et ayant brisé les cordes de sa lyre, plonge ses regards vers le portrait de profil de Chopin.
C’est, par ailleurs, Clésinger qui avait réalisé le moulage de la main de Chopin ainsi que son masque mortuaire.

Retrouvez également Chopin à la cité de la musique

Cette balade a été conçue à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur.

Source : Mairie de Paris

Dernière modification : vendredi 16 avril 2010
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