Territoire

Synthèse du groupe de travail multipartite sur la formation

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Infoggara est intervenu lors d’une réunion de Tedis sur le dialogue social et les territoires...

Réunion Tedis Le 19 novembre 2008

Je vous propose ci-après un point de vue de cet échange autour de la synthèse du groupe de travail multipartite sur la formation professionnelle.

Les intervenants du jour étaient vraiment les parties prenantes du travail réalisé sur ce qu’il faut bien appeler la remise à plat du système de la formation professionnelle française. Il manquait l’Etat dont on apprendra plus tard le rôle ambigu. En effet, la formation est une gestion paritaire qui rassemble l’Etat, les régions ainsi que les organisations professionnelles. Pierre Ferracci, le président du Groupe, Annie Thomas, CFDT, et présidente de l’Unedic ainsi que Martine Caldéroli-lotz, se sont succédés pour partager leur point vue de ce travail gigantesque devant un aréopage de participants venant des univers de l’entreprise, de l’emploi et des institutions.

Force est de constater que l’agenda imposé par l’Etat est plus que serré pour se pencher sereinement sur un sujet aussi important. Le but de ce groupe de travail est donc de se pencher sur une activité qui pèse, peu ou prou, 27 milliards d’€ afin de préparer le terrain de la négociation (pour les syndicats) et pour les prises de décisions de réforme (Etat / Région).

Il faut ainsi décanter le sujet et dégager les priorités. Celles énumérées ci-après sont plutôt consensuelles.

 Ainsi, la question n’est pas forcément d’augmenter le budget formation mais il faut plutôt insister sur l’efficacité du traitement des ressources. Il faut être en capacité d’évaluer le système (auto évaluation mais aussi contrôle extérieur).

 Il faut insister davantage auprès des publics les plus en difficultés, tels les jeunes sans qualification, les demandeurs d’emploi, les salariés les plus fragiles en entreprise. Le constat est que les moins formés sont les moins bien traités, cela vaut aussi dans les Tpe et Pme.

 Il faut dépasser les statuts qui cloisonnent entre demandeur d’emploi, salariés…

 Il convient aussi de simplifier un système complexe et, notamment, clarifier le qui fait quoi.

 Il faut trouver, à la fois, équilibre et continuité entre formation initiale et formation continue et s’intéresser à la bonne qualification à la sortie du système scolaire.

 Les enjeux d’orientation et d’accompagnement sont aussi importants que les contenus de la formation. Ainsi, la sortie du système scolaire n’est pas suffisamment encadrée aujourd’hui.

 Regarder aussi la question du financement, notamment le rôle des OPCA, l’architecture de la formation qui oblige à payer mais pas à se former. Il faut aussi le considérer à la carte, en fonction du public et des interlocuteurs. Ainsi, les OPCA doivent aller au-delà de leur rôle de collecteur aujourd’hui et évoluer vers le conseil et la prestation.

 L’offre de formation est pléthorique mais pas toujours de qualité. Il faut clarifier à ce niveau là aussi.

 A l’origine du système il y a une double logique, à la fois paritaire et par branche. Il convient de rééquilibrer entre branche et territoire mais aussi entre branche et entreprise.

Mais, il y aussi des sujets qui font davantage débats.

- La gouvernance de la formation professionnelle est probablement le premier d’entre eux. Elle doit aller dans le sens d’une meilleure mobilisation des recettes mais aussi une meilleure affectation, notamment auprès des publics en difficulté. La notion de fonds de sécurisation est même posée par l’Etat.

- Le contexte de la décentralisation et notamment de refonte du système public de l’emploi, est propice à davantage de régionalisation pour la formation, l’Etat gardant la charge de l’emploi. Toutefois, les frontières ne sont pas aussi simples, notamment entre emploi et formation et Etat / région.

- Il faut que les organisations syndicales se posent clairement la question de leur dialogue territorial. Peut-il se faire au sein des Copir ? Annie Thomas précise que le climat de négociation est plutôt difficile en ce moment de part l’omniprésence de l’Etat qui veut justement orienter le dialogue sans bien expliciter ses attentes. « Les négociateurs sont des adultes » aime-t-elle à répéter. Toutefois, les partenaires sociaux et les régions se sont découverts à l’occasion de ce travail et c’est une très bonne chose. La Région ne peut se résumer au financement et l’on sent que l’Etat cherche toujours sa place entre injonction et silence.

- La passerelle entre l’éducation nationale et la formation continue est un enjeu d’autant que la question de l’orientation tout au long de la vie n’est pas réglée correctement.

- Pour que la formation soit efficace, il faut qu’elle soit bien coordonnée par les trois partenaires et cela passe par un changement dans l’articulation. La question essentielle est comment produit-on du bénéfice au service d’un territoire. Le niveau V est une vraie barrière.

- La question de l’orientation est, elle aussi, essentielle. Il manque ainsi un système où l’on trouve un interlocuteur unique sur les territoires pour un premier conseil, une première orientation.

- La question de la transférabilité du DIF (portabilité ?) doit être traitée. Commence-t-on par les chômeurs ? On ne peut pas traiter tout le monde de la même manière, il faut des réponses adaptées. Faut-il un fonds de sécurisation des parcours professionnels, afin notamment de toucher les publics échappant à la formation qui ont des problèmes de qualification les mettant en danger par rapport à l’emploi ? Il faut partir d’une logique de besoin.

- Faut-il un fonds pérenne et alimenté par tous les OPCA ?

- Il faut aussi apporter des réponses aux personnes en réinsertion (gestion aujourd’hui par les conseils généraux) au même titre que se pose la question sur les jeunes sans qualification que l’Etat doit assumer, notamment via les contrats de professionnalisation.

- Il faut trouver le lieu pertinent de la négociation, la CFDT pense que la bonne échelle est la région. Mais il faut aussi trouver l’instance adéquate sans rajouter une couche administrative.

- L’OPCA est d’abord un outil qui collecte mais qui doit aussi conseiller et accompagner. Il faut en revoir le nombre et les missions. Madame Caldéroli-lotz estime qu’il y a consensus sur le besoin de réformes et que, de fait, une évolution doit être possible. On ne connaît pas les chiffres exacts de la formation. Le vrai problème est l’adéquation entre l’offre et la demande, c’est-à-dire le bon profil pour le bon emploi.

- Il y a aussi consensus sur le fait qu’il est inadmissible que les jeunes sortent du système scolaire sans qualification. Il leur faut un savoir de base. Il faut réformer la formation initiale et l’orientation.

- Les régions demandent un transfert complet de la formation afin d’assumer leur rôle correctement. L’accompagnement du demandeur d’emploi doit se faire à partir d’une structure unique. Il faut des outils réactifs et sur mesure, les contrats territoriaux permettent de mettre tout le monde autour de la table.

Avec 5 millions de salariés non qualifiés dont 1,5 million d’illettrés, il est important de prendre la mesure des vrais enjeux.

Les points importants dont il faudra débattre sont :

- La réforme de l’orientation

- La formation sur mesure (répondre aux besoins)

- La prescription (la rapprocher de la formation)

- La mobilisation des financements

- Une nouvelle coordination pour une meilleure efficacité.

- La GPEC est peut être l’outil pour donner envie de se former ?

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mardi 4 mai 2010