Xavier Darcos, ministre du Travail, en charge de la réforme du travail dominical, a proposé hier une nouvelle carte, élaborée par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), visant à créer une vaste zone touristique à Paris. Si elle est acceptée par le maire de la capitale, elle devrait permettre d’augmenter significativement le nombre de magasins pouvant ouvrir le dimanche.
Cette carte, qui sert notamment à déterminer quels magasins peuvent être ouverts le dimanche, sera élargie pour concerner 10.000 commerces, contre 500 seulement à l’heure actuelle.
Pour le ministre du Travail, la situation actuelle, très réduite, est loin d’être satisfaisante : " On ne voit pas pourquoi le quartier de la Défense serait ouvert, et pas celui de l’Opéra." Et d’ajouter qu’" il est dangereux que Paris reste un lieu musée".
Le gouvernement propose une vaste zone au coeur de Paris allant deMontparnasse aux Grands Boulevards et incluant les grands magasins, Printemps ou Galeries Lafayette, ainsi que dans un périmètre élargi autour de Montmartre et des Champs-Elysées. Et trois nouvelles zones seraient ajoutées : Palais des congrès de la Porte Maillot (ouest), Bercy village (sud-est), et autour de la Porte de Versailles près du parc des expositions (sud-ouest).
C’est la proposition du gouvernement.
C’est maintenant au maire de Paris de trancher.
Bertrand Delanoë s’est aussitôt exprimé à travers un communiqué et a regretté que la Mairie n’ait pas été informée, ni invitée à la conférence de presse du ministre du Travail.
Il a rappelé que "dès le mois de septembre dernier, le Conseil de Paris a décidé la mise en place d’un groupe de travail, rassemblant des élus de tous les groupes politiques du Conseil de Paris, ainsi que des représentants de l’Etat, pour examiner, en concertation avec tous les acteurs concernés (représentants des entreprises, des salariés, associations de consommateurs et familiales,
mairies d’arrondissement, RATP…) l’éventualité d’un élargissement des ouvertures
dominicales des commerces parisiens au regard de trois principes :
- leur justification économique, notamment en termes de création d’emplois,
- les garanties sociales réellement offertes aux salariés,
- l’avis des Maires d’arrondissements et des habitants des quartiers concernés."
Il a affirmé que "malgré l’agressivité et la radicalité des propositions formulées" hier matin, "qui s’inscrivent en contradiction complète avec l’état d’esprit qui est celui de notre municipalité, ce sera aux élus et à eux seuls que reviendra le moment venu le pouvoir de trancher ce sujet qui conditionne la vie collective de nos concitoyens."
Pour rappel, pour Nicolas Sarkozy, " tout Paris " devait être considéré comme zone touristique.
Le président Sarkozy avait marqué sa volonté d’assouplir les règles restreignant le travail le dimanche, prenant l’exemple de Paris. "Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?", s’était interrogé le chef de l’Etat le 30 juin.
De son côté, le maire de Paris a toujours mené un combat contre le travail dominical, et s’est imposé "fermement au classement en ville touristique de l’ensemble du territoire parisien. Le temps du dimanche, temps de repos respecté pour une majorité de citoyens, ne doit pas être sacrifié à une vision de l’économie déréglementée, qui ne tient pas compte de la vie familiale et personnelle des salariés et du rythme d’une ville."

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