Pourtant, c’était moi son tuteur. Mais ça ne me vexait pas. Tout le monde savait, ici, que c’était Jean-Louis le roi de la tour de contrôle.
Par contre, loin de ses écrans, le stagiaire était étonnamment tête en l’air…Par exemple, il n’avait même pas remarqué, pour Jean-Louis. Jusqu’au jour où nous sommes allés prendre un café ensemble. Là, Sam a bien été obligé de voir Jean-Louis attraper son fauteuil roulant, le déplier et se glisser dedans. Il en a bafouillé : " Ah tu… Enfin tu es…Excuse moi, je ne savais pas…" Jean-Louis lui a répondu qu’il n’avait pas à s’excuser. Mais j’ai bien vu qu’il était déçu. Deux semaines entières à être « normal » aux yeux de quelqu’un, ça n’avait pas du lui arriver souvent…
A la machine à café, Sam et moi avons pris un expresso. Jean-Louis, lui, a appuyé sur la touche « café longo ».

Là, pour le coup, c’est moi qui me suis senti mal. Jean-Louis ne m’avait jamais dit ça… Mais le stagiaire, cette fois, n’a pas hésité : " Ça m’intéresse : échangerais conseils d’assistance pour atterrissage par gros temps, contre assistance pour la touche « expresso »" "Ça marche !" a répondu Jean-Louis. "Si tu appuies aussi sur la touche « très sucré »."
Une histoire de Quitterie Simon

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