Khemaïs Chammari est le nouvel ambassadeur de la Tunisie auprès de l’Unesco, à Paris. Ancien dirigeant de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, emprisonné sous Ben Ali, il est revenu sur les récentes interpellations de clandestins tunisiens dans la capitale.
« Je ne nie pas la réalité du problème : 20 000 jeunes Tunisiens ont quitté notre pays en 3 mois. Mais la raffle dont certains ont fait l’objet a eu lieu dans des conditions inacceptables, au moment où des repas leur étaient servis par la Mairie de paris. Je suis tout à fait outré par la manière dont on fait monter les peurs à ce sujet. Et j’en appelle à moins de frilosité et surtout plus d’humanité… » Cette leçon-là s’adressait assez directement à Claude Guéant.
Certainement pour souligner encore davantage le manque de scrupules de certains politiques, Khemaïs Chammari devait ajouter : « La Tunisie, quant à elle, vient d’accueillir sur son territoire des dizaines de milliers de réfugiés libyens, sans une plainte, sans pousser des cris d’orfraie. »
Prenons chacun le temps de méditer sur nos égoïsmes collectifs et l’étroitesse comptée de nos infimes générosités. Dans la capitale de la patrie des droits de l’homme. Ce sera la première leçon.
La seconde sera à la fois lexicale et ornithologique. L’orfraie est une ancienne appellation du pygargue. Le mot vient du latin « ossifraga », qui brise les os, mais en fait le pygargue est un aigle pêcheur, extrêmement gracieux et élégant, dont l’envergure peut dépasser 2,50m. Pousser des cris d’orfraie revient très injustement à pousser des cris épouvantables, très aigus… Certains trouvent une grande ressemblance entre cet aigle et celui qui symbolise les États-Unis.
André Balbo
sources : Robert, Le Canard Enchaîné, Khemaïs Chammari

envoyer par mail
Imprimer la page