Le contentieux aura duré plus de vingt ans, mais un accord vient finallement d’être trouvé entre Paris et Rome : une soixantaine d’œuvres de Chirico rejoindront Paris et son Musée d’Art Moderne très prochainement.
Après le décès de la veuve de l’artiste italien Giorgio de Chirico en 1990, la Fondazione Giorgio e Isa De Chirico gérée par la ville de Rome et la ville de Paris se sont battues sur le plan juridique afin de faire valoir ou annuler le testament laissé par la femme du peintre précurseur du surréalisme.
Isabella Pakszwer y avait désigné la Fondazione comme légataire universel de l’œuvre de Chirico, tout en faisant le vœu qu’une autre fondation soit créée à Paris et qu’un cinquième des œuvres en sa possession y soit léguées. Si cette fondation devait ne pas voir le jour sous dix ans, elle demandait à ce que ces œuvres soient données à la ville de Paris.
Pendant plus de dix ans, la bataille judiciaire entre Rome et Paris fait rage, sans résultat d’un côté comme de l’autre. Considéré comme l’un des plus grands peintres italiens du XXe siècle, Giorgio de Chirico est l’initiateur de la peinture métaphysique et par là le précurseur de l’école surréaliste, célébré comme un génie par les Magritte ou Dali avant d’être accusé de "traîtrise" par Breton en 1920 quand le peintre italien souhaite un retour vers le classicisme. C’est à Paris, où il vit entre 1911 et 1915, qu’il peaufinera son style, d’où la volonté de sa veuve de rapatrier certaines de ses œuvres dans la capitale française.
Près de 20 ans après le décès d’Isabella, les tensions entre Paris et Rome s’apaisent grâce à l’exposition Giorgio De Chirico, La Fabrique des rêves donnée au Musée D’art Moderne de Paris en 2009. Cette exposition a notamment le mérite de montrer l’intégralité du parcours de l’artiste sans se focaliser uniquement sur sa période surréaliste. Dès lors, le dialogue reprend au sujet du fameux testament.
Deux ans plus tard, un accord a finalement été trouvé. 61 œuvres de Chirico rejoindront le Musée d’Art Moderne de Paris, sans doute en septembre. Les 30 peintures, 20 dessins et 11 sculptures acquises seront exposées pour six mois environ dans une salle dédiée avant de faire l’objet d’expositions temporaires. « C’est une magnifique nouvelle pour Paris et pour la France. Ce fonds unique constitue l’une des plus grandes collections au monde de cet artiste majeur », déclarait Christophe Girard, adjoint au maire chargé de la culture.

envoyer par mail
Imprimer la page