La préfecture de police de Paris a conclu pour 15 ans un partenariat public-privé avec les sociétés Citelum (Veolia) et Ineo (GDF Suez). Celles-ci installeront les 1 000 caméras prévues dans le plan de vidéosurveillance, et elles seront chargées de la maintenance, moyennant le versement d’un loyer annuel de 15,5M€.
L’installation commencera dès l’été prochain, avec une première vague de 250 caméras livrées fin 2011, pour s’achever au printemps 2012. Citelum, qui exploite déjà les éclairages publics à Paris, fera les travaux d’installation. Ineo, l’un des leaders dans la vidéoprotection, en assumera l’exploitation.
Le plan prévoit, difficulté technologique majeure, la mise en place d’un réseau souterrain de fibre optique de 300km, qui permettra à 2 500 pompiers et policiers, à pied d’oeuvre dans une cinquantaine de sites, d’avoir accès aux enregistrements vidéos.
Pour le préfet Didier Martin, secrétaire général de la préfecture de police pour l’administration : « Paris ne part pas de zéro. Il y avait déjà des caméras. mais il fallait faire mieux pour surveiller les grands axes, lutter contre la délinquance, mieux calibrer les interventions des pompiers et des policiers ».
En plus des flottes de la RATP et de la SNCF (9 500 caméras), et des 30 000 caméras privées, 600 caméras sont déjà présentes dans la capitale :
119 sont affectées à la surveillance du Parc des Princes,
200 sont au Forum des Halles,
et 300 autres veillent sur les grands axes de circulation, pour le compte de la Mairie et de la préfecture.
À certains points chauds de la capitale, lieux de rassemblement, parfois de débordements, comme le Champ-de-Mars, les Buttes-Chaumont, la place de la Nation, 25 caméras supplémentaires ont fait leur apparition cet été. En toute discrétion.
Les objectifs du projet de loi Loppsi 2, qui prévoient l’installation d’ici à fin 2011 de 60 000 caméras en France, sont loin d’être atteints.
Pour Philippe Goujon, patron de l’UMP parisienne et partisan de longue date de la vidéosurveillance : « Paris n’est pas à la hauteur. À Nice, il y en a 600 ! Et même 1 000 de plus, ce ne sera pas suffisant. Il faut un deuxième plan, prévoyant 5 000 caméras supplémentaires en Ile-de-France, dont 1 000 à Paris, et qui engage la Mairie sur les grands équipements : habitats sociaux, mairies, gymnases… A Londres, il y a 75 000 caméras ».
Ce à quoi Didier Martin répond que « Londres installe des caméras depuis 25 ans ; il y a en a beaucoup, mais elles sont inégalement performantes. Notre plan est plus restreint, mais plus opérationnel ».
Bien que soutenu à l’Hôtel de Ville, le projet divise la majorité. Contrairement aux autres villes, Paris n’a pas totalement compétence en matière de sécurité. Son Conseil a toutefois voté en 2008 deux enveloppes : l’exonération annuelle des taxes de redevances (4M€/an), et une subvention de 5M€ pour des travaux d’équipement (dont le total est estimé à 23M). Les élus ont également eu leur mot à dire sur la localisation des caméras : 10% d’entre elles ont changé de place après discussions.
André Balbo
Source : Préfecture de police, Les Échos

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