L’ambition du projet est là et elle est belle. Mais ce partenariat public-privé qui rend tout cela possible et réalisable suscite quelques inquiétudes parmi les personnels du Muséum d’Histoire naturelle, comme également chez quelques élus locaux.
Coût total du projet : 133M€. L’État en prend 33 à sa charge. Le consortium privé retenu pour construire le nouveau zoo, Chrysalis, qui est une émanation de Bouygues Construction, investit les 100 restants. Une paille. Afin de revenir sur son investissement, le consortium percevra du Muséum 12,2M€ chaque année pendant 25 ans. Faites le calcul, c’est assez cher payé. 305M€ au total ! Trois fois le montant de l’investissement !
Le point mort de fréquentation du zoo qui permettrait au Muséum de s’acquitter d’un tel loyer est de 1,4 million de visiteurs. Dès la première année ! En 2005, certes petit et diminué, le zoo avait reçu 300 000 personnes, mais en 1968 Vincennes avait eu 1,5 million de visiteurs.
Lyne Cohen-Solal, élue du Ve arrondissement, où est situé le Muséum, reste préoccupée par le sujet : « Si la fréquentation n’est pas au rendez-vous, l’État s’est engagé à verser le loyer prévu, mais on peut craindre qu’en contrepartie, il restreigne ses subventions au Muséum d’Histoire naturelle lui-même ».
Ces inquiétudes pourraient certainement disparaître si le contrat du zoo était un poil moins léonin. Il suffirait peut-être, dès maintenant, d’affiner, en la restreignant d’un chouïa, la rémunération prévue de l’investisseur principal, qui ne se privera nullement, soyons-en sûr, de faire largement (et longtemps) savoir son savoir-faire de grand bâtisseur avec ce zoo d’un intérêt planétaire devenu vitrine.
André Balbo
Source : Le Parisien
envoyer par mail
Imprimer la page
