Cinéma

Cinéconcertiste, un métier d’avenir !


Le métier de cinéconcertiste renoue avec la traditon des premières projections cinématographiques. Dans le même temps, c’est un métier presque "tendance" puisque la mode est aux cinéconcerts et cinémix. Rencontre avec Jacques Cambra, pianiste qui exerce ce métier insolite depuis une dizaine d’années en France et à l’étranger, dans les festivals de cinéma et dans les prisons.

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Depuis plusieurs années, de nombreux festivals ou salles de cinéma programment des cinéconcerts ou des cinémix : faire accompagner des films - le plus souvent muets- par des musiciens jouant en direct, c’est rendre contemporain tout le répertoire cinématographique des origines, de l’expressionisme allemand aux burlesques américains. C’est aussi une manière de rappeler qu’à ses débuts, le cinéma était un spectacle vivant. Le mutisme des films d’alors était remplacé par la verve des bonimenteurs et des musiciens-accompagnateurs.

Jacques Cambra, pianiste de formation classique, est cinéconcertiste depuis une dizaine d’années. Il raconte la naissance du lien qui a toujours existé entre musique et cinéma :

D’abord pendant les projections des frères Lumières :

Puis, petit à petit, pendant les projections des forains qui se sont emparés de leur invention :

La musique fait donc partie intégrante du cinéma depuis sa naissance, même s’il était alors dit "muet". Avec l’apparition des films sonores, la musique a révélé de manière plus évidente son pouvoir. Dans L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock, le crime final doit être commis lors d’un concert, pendant un coup de symbale. La partition musicale devient aussi angoissante qu’une course poursuite. Un cinéconcertiste de film muet a donc un rôle essentiel : il est à la fois parfaiement libre d’improviser et tenu d’accompagner le film, de le mettre en valeur, de le faire exister pleinement.

Jacques Cambra raconte sa manière d’envisager son métier comme un métier de l’instant, de liberté et de partage.

Le cinéconcert lui a avant tout permis d’allier sa passion pour la musique classique et pour l’improvisation :

Pour lui, le fait d’improviser une musique de film rend son métier à la fois surprenant et passionant puisque l’on ne sait jamais à l’avance comment se déroulera une projection. Les musiciens, le film et le public doivent s’accorder pour créer "l’instant magique" :

Le cinéma muet offre aux musiciens un répertoire nouveau et original, presque infini, qui intègre l’expressionisme allemand et le burlesque américain, mais également les films russes, des films documentaires ou des films plus expérimentaux,

et qui a la particularité de n’être jamais formaté :

Une projection de cinéma peut se réduire à une équation très simple : un film + des musiciens + des spectateurs. Mais c’est en même temps en évènement compliqué à mettre en place, nécessitant technique et précision. Entre technique et art, répertoire à la fois érudit et populaire, les projections de cinéconcert mettent ainsi en valeur deux aspects du cinéma, que Jacques Cambra désigne par les termes "forain" et "pointu" :

Jacques Cambra explique que lorsqu’il accompagne un film, il est à la fois musicien et spectateur :

Il prépare ainsi un concert en tant que pianiste mais aussi en tant que cinéphile, effectuant un travail de recherche d’information, d’analyse d’images et bien évidemment de musicien.

Depuis le début de l’année 2007, le cinéma Le Balzac a mis en place un partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris : un dimanche par mois, les élèves de la classe d’improvisation viennent accompagner un film en direct. Un peu partout en France les écoles de musiques développent des contacts avec des associations défendant le cinéconcert. Le lien entre musique classique et improvisation est aujourd’hui perpétré et les cinéconcerts ne semblent pas prêts de disparaître. Entre tradition et tendance, le métier de cinéconcertiste est donc résolument un métier d’avenir.

Pauline Soulat.


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jeudi 29 novembre 2007
 
 
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